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XY et la canicule

XY et la canicule

mardi 17 mai 2011

Eh bien, voilà ce matin une information scientifique en plein dans les préoccupations d’actualité. C’est le quotidien suisse Le Temps qui rapporte les travaux de chercheurs de l’Université de Lausanne. Figurez-vous que dans l’espèce humaine, le chromosome « Y » du doublet XY, celui qui différencie le mâle de la femelle, ne cesse de se dégrader. Une dégénérescence spectaculaire : il ne comporte plus qu’une centaine de gènes, contre quelque 25.000 à son origine, en des temps où les caractéristiques du mâle étaient donc beaucoup plus marquées qu’aujourd’hui. C’est ce qui explique pourquoi il n’y avait pas de Sofitel au Pliocène : il était impossible de recruter des femmes de chambre qui supportassent la lubricité des clients. Mais la chaîne hôtelière peut compter sur un avenir serein : d’ici quelques millions d’années, le gène Y pourrait disparaître totalement. Il ne naîtrait plus alors que des XX, dans une ultime étape de l’évolution. La femme n’est pas seulement l’avenir de l’homme, elle est aussi sa fin ultime. A moins que Darwin ne révise sa copie.

Justement. D’autres espèces ont habilement déjoué le risque de voir disparaître les mâles. Notamment les vertébrés à sang froid, en particulier les grenouilles. Chez la rainette suisse par exemple, aisément reconnaissable à son coffre-fort ventral, l’embryon XX peut se transformer en mâle, et vice-versa. Seulement voilà : le phénomène est extrêmement sensible à la température ambiante. En période de canicule, vous avez déjà deviné ce qui se produit : il naît davantage de mâles que de femelles, sous l’effet mécanique du réchauffement du caleçon. Si bien qu’il y a tout à craindre de l’évolution climatique en cours, qui serait fatale aux grenouilles femelles. Alors que cette évolution renforce l’agressivité masculine dans l’espèce humaine. En foi de quoi doit-on recommander aux chercheurs de Lausanne de laisser tomber Darwin et de s’intéresser aux contes des frères Grimm. Ces derniers parvinrent sans peine à transformer une grenouille en Prince charmant. Lequel se montra délicieusement attentionné à l’égard de la Princesse et n’importuna aucunement les soubrettes, bien que son hôtel particulier fût luxueusement aménagé. Enfin, l’histoire n’en dit rien. Mais il est vrai qu’elle fut écrite à l’aube du petit âge glaciaire, pendant lequel même les crapauds mirent leur libido au frigo.

La recette du jour

Education tempérée

Votre fils aîné menant des études prometteuses, vous ambitionnez pour lui une carrière dorée. Il pourrait devenir directeur du FMI, par exemple, voire Président de la République. Mais vous redoutez l’effet des hormones libidineuses. Congédiez vos servantes et imposez des douches glacées à votre mouflet. Infligez-lui la lecture quotidienne des contes de Grimm. Mais s’il persiste à traquer les grenouilles, enfermez-le au frais. Avant que la justice ne s’en charge.

mardi 17 mai 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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