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Vrais-faux et contrefaçons

Vrais-faux et contrefaçons

mercredi 29 juin 2011

Bon, les statistiques des Douanes sont formelles : la contrefaçon a encore prospéré l’année dernière. Entendez par là que les saisies d’articles contrefaits ont explosé. Ce qui peut témoigner d’une meilleure efficacité de nos gabelous ou d’une intensification de la fraude. Ou des deux à la fois. D’où viennent les produits en cause ? D’Asie bien sûr. Et plus précisément ? De Chine, bien entendu. C’est toujours le textile qui arrive en tête et là, la notion de « contrefaçon » doit être appréhendée avec nuance. Pour une large part, les vêtements concernés sont généralement identiques aux originaux des grandes marques. Et pour cause : c’est en Chine qu’ils sont fabriqués, à un coût sans rapport avec le prix affiché dans nos vitrines. Il est donc très tentant, pour les usines, d’instituer un circuit parallèle qui squeeze les droits de la marque, et permet des profits bien plus généreux que les marges de forçat qui leur sont imposées. Quiconque s’est promené sur les marchés de Shanghai ou de Pékin peut en témoigner : l’offre de quelques signatures prestigieuses y est abondante, à des conditions négociables et plutôt irrésistibles…

Arborer une robe de contrebande ou un « faux » costume ne présente pas d’autre danger que le risque financier (élevé) en cas de contrôle. Tel n’est pas tout-à-fait le cas d’autres produits qui relèvent complètement de la contrefaçon, comme les cosmétiques et les parfums, dont la fabrication offre une valeur ajoutée pharaonique en regard des coûts techniques de production. Ainsi, tel onguent rajeunissant est susceptible de transformer son utilisatrice en momie ; tel parfum prestigieux peut se révéler aussi vénéneux que l’extrait de ciguë. Sans parler des médicaments, notamment ces stimulants qui exposent leurs usagers à subir le même sort que Caligula : l’absorption d’un philtre d’amour de contrebande l’aurait affligé d’un priapisme inguérissable. Qui expliquerait sa folie, sans pour autant l’excuser. Mais un autre secteur fait l’objet d’une montée spectaculaire de la contrefaçon : les pièces pour automobiles. Le risque est énorme : vous demandez un échange standard sur votre limousine, et bingo ! vous voilà équipé d’un moteur de rasoir électrique chinois – les moins performants du monde, vu que les Asiatiques sont quasiment imberbes. La fraude est, semble-t-il, à ce point généralisée que l’on ne saurait se montrer trop prudent : à la première panne, il convient d’expédier sa bagnole à la casse et d’acquérir un véhicule neuf. Livré dans son emballage d’origine.

La recette du jour

Monnaie de la pièce

Non contents de monopoliser la fabrication des produits que vous avez inventés, les Chinois vous inondent de méchantes copies. Menez la guerre à la façon de Sun Tsu. Fabriquez en automne de faux rouleaux de printemps, déguisez des corbeaux à la laque de Chine et exportez le tout. Par honnêteté et par calcul, maintenez le label « made in France » : il conserve une grosse cote en Asie.

mercredi 29 juin 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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