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Pitié pour Murdoch !

Pitié pour Murdoch !

mercredi 20 juillet 2011

Ah ça ! C’est bien vrai que les gens sont méchants. Même en Angleterre, qui est pourtant le pays des bonnes manières, du fair play et de l’habeas corpus. Et aussi du fish and chips, notez-le bien, un brouet qui est à la gastronomie ce que les tabloïdes sont à la presse. Justement, parlons-en de ces journaux. Voyez ces malheureux Murdoch, père et fils, traînés devant une commission parlementaire et interrogés sans relâche et sans humanité comme des voyous de Guantanamo : « Dites-nous, Seigneurs, saviez-vous que vos employés usaient de moyens répréhensibles à l’insu de votre plein gré ? » Bien sûr qu’ils ne savaient pas, les pauvres chéris. Etait-il nécessaire de les traîner devant un tribunal de pacotille pour découvrir que de telles vilénies ne pouvaient être l’œuvre que de subalternes indélicats, de sous-fifres scrofuleux, de concierges malfaisantes ? D’ailleurs, ils ont viré les concierges : elles auraient tapé des millions de livres dans la caisse, pour stipendier et corrompre d’honnêtes fonctionnaires, sans que ces hérauts de la Vérité Immaculée s’en aperçussent. Pour une raison simple : au Royaume de Sa Très Gracieuse Majesté, les journaux des Murdoch rapportent tellement d’argent qu’ils ont les moyens d’acheter des informations sur votre compte que vous ne connaissez pas vous-même.

Les gens sont méchants. Les petites gens, s’entend. Les élites, elles, sont caparaçonnées de la morale du monde, ce pourquoi elles occupent leurs fonctions éminentes. Mais suscitent l’envie et la jalousie de la plèbe. Une situation qui n’est pas facile à vivre. Imaginez que vous soyez, par exemple, patron d’un machin international. Il suffit que vous descendiez dans un grand hôtel pour qu’une chambrière sulfureuse vous agresse et vous inflige une… enfin, vous voyez de quoi il s’agit : un truc que nul homme ne saurait refuser sauf à avoir consigné sa libido au mont-de-piété. Eh bien, ce sera tout de suite un scandale et vous serez derechef embastillé. Heureusement, la presse honnête – la nôtre, celle qui perd de l’argent – saura rétablir l’équilibre des responsabilités. On a de la chance, dans notre pays : nos journaux n’ont pas besoin d’espionner pour découvrir la vérité. Ils l’inventent.

La recette du jour

A la fortune du caniveau

Vous avez découvert que l’information recèle un gisement de profits. Bien vu. Vous pouvez créer un journal « à la française » : sans lecteurs, sans journalistes mais avec subventions. Ou un journal « à la Murdoch » : c’est vous qui subventionnerez, mais le public adorera votre torchon. Vous serez faiseur de rois : la politique ne se fait pas à la Corbeille, mais dans le caniveau.

mercredi 20 juillet 2011 , par Jean-Jacques Jugie

1 Message

  • // Pitié pour Murdoch ! 20 juillet 2011 08:40, par philippe lefevre

    mon cher ami "le premier qui dit la vérité il doit etre éxécuté tra la la " je relis actuellement l’histoire des révoltes serviles à rome ;c’était deja comme cela sauf qu’en fait de journalistes on entretenait des clientèles à qui on remettait chaque matin la sportule !!!! putain con


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