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Les oublis de Forbes

Les oublis de Forbes

lundi 7 février 2011

Vous connaissez le magazine américain Forbes : chaque année, il nous sert le classement des plus grandes fortunes de la planète, comme d’autres publient le palmarès des meilleurs sommeliers du monde. Eh bien, voyez-vous, il se pourrait bien que ce classement soit complètement bidon. Il est en effet possible que pas mal des richards soient moins opulents qu’on ne le croit, vu que l’on comptabilise les actifs qu’ils contrôlent mais que l’on néglige leurs dettes. Si bien que pour maintenir leur actif net au-dessus de la ligne de flottaison, il faut que les Bourses valorisent généreusement les firmes – ce à quoi s’emploient leurs créanciers bancaires. Mais il y a aussi des oublis fâcheux dans le classement de Forbes ; des fortunes sonnantes et trébuchantes, peu altérées par l’emprunt et investies ailleurs que dans le pays où elles ont pris naissance.

En des temps où Big Brother sait à quelle heure vous arrosez vos géraniums et où vous achetez vos croissants, il est permis de s’étonner que l’on découvre tardivement la fortune du Pharaon d’Egypte. La presse nous dit aujourd’hui que les trésors de la famille Moubarak excèderaient ceux de Bill Gates, le Crésus américain. Ce qui en soi n’a rien de surprenant : 30 ans à la tête de l’entreprise Egypte, cela fait un monceau de salaires, de jetons de présence, de stock-options et de dividendes prioritaires. Il est quand même injuste que les analystes de Forbes aient aussi longtemps négligé la propension à l’épargne des Moubarak. Voilà pourquoi votre billettiste, en ce moment bercé par le mol allant des felouques nilotiques, a refusé tout net la proposition de son copain Hosni. Qui lui offrait l’un de ses jets personnels pour rentrer en France, afin d’éviter les rigueurs d’un retour à dos de chameau. Car voyez-vous, sous le climat général de jalousie et de médisance, d’aucuns auraient pu en tirer des conclusions hâtives et suspicieuses. Pourtant, on a quand même le droit d’avoir des copains qui ont réussi, non ?

La recette du jour

Carrière pharaonique

Vous avez de l’admiration pour Toutankhamon. Prenez à bail un pays ensoleillé et exploitez-le jusqu’à la corde. Payez scrupuleusement les redevances à vos mécènes étrangers. Si vos populations se rebiffent, faites valoir votre statut de défenseur de la vraie foi laïque. Si cela ne suffit pas, affrétez l’un de vos jets et poursuivez votre dolce vita sous des cieux moins mécréants.

lundi 7 février 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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