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Les mots et la chose

Les mots et la chose

jeudi 10 février 2011

Tout ce qui n’est pas expressément interdit est autorisé : telle est la première caractéristique d’une démocratie élective « moderne », c’est-à-dire longuement boucanée au feu de l’expérience. C’est aux gens de pouvoir que s’applique cette indulgence, bien entendu. Le pékin, au contraire, qu’il faut protéger contre ses tentations plébéiennes, est sanglé d’un corset réglementaire qui permet de sanctionner jusqu’à ses pensées impures. Il n’est donc pas concerné par la confusion actuelle entretenue, volontairement par les uns, sottement par d’autres, entre la notion de conflit d’intérêts et celle de prise illégale d’intérêts qui, comme son nom l’indique, est un délit. Le seul fait pour un individu d’être en situation d’influer, ou de paraître influer, sur la façon d’exercer ses fonctions afin de favoriser ses intérêts personnels, directs ou indirects, suffit à caractériser le conflit d’intérêts. C’est un facteur susceptible de l’entraîner à plonger la main dans le pot de miel, péché de gourmandise que l’on appelle prise illégale d’intérêts. Les risques de contamination étant nombreux, on se doute qu’il est prudent de déployer un cordon sanitaire. Non sur la base de la loi, mais sur celle de la morale. Celle qui interdit à un ministre de poser sa défroque dès la nuit tombée, ou lors de ses vacances, pour s’encanailler sous les oripeaux du manant.

Mais en cette matière, l’Italie mérite la meilleure place sur le podium de l’outrance. Le Président du Conseil, à tout le moins. Après avoir remodelé le Code civil et torturé le Code pénal pour immuniser ses turpitudes contre les rigueurs de la loi, après avoir généreusement stipendié certains de ses opposants pour mériter leurs voix en cas d’urgence, après avoir ridiculisé sa fonction par de grasses plaisanteries de garçon d’écurie, et avoir échappé à toute sanction, le voilà maintenant en mauvaise passe, si l’on ose dire, pour les débordements de sa libido. Ce n’est pas la femme de César qui est soupçonnée, ni ses courtisanes. C’est César lui-même, pour avoir rétribué les services d’étage d’une mineure, et avoir abusé de son pouvoir pour soustraire cette dernière aux rigueurs de la loi commune, alors qu’elle était convaincue d’avoir commis un larcin. Bon, tout cela n’est pas reluisant, mais fait figure de peccadille face aux exactions antérieures. Voilà qui fait songer à la chute d’Al Capone, qui marqua aussi la fin d’une époque pleine de confusion. Responsable de crimes innombrables, il fut entôlé sur le grief minable de fraude fiscale.

La recette du jour

Principe de précaution

Vous êtes un homme puissant et pouvez à ce titre vous offrir l’impunité pour vos manquements à la loi. Mais si vous projetez de consulter la nièce de Moubarak, exigez d’elle une pièce d’identité. Car elle est peut-être Marocaine et non Egyptienne. Et mineure, si ça se trouve. Vous risquez gros : la consultation de mineures est strictement réglementée par la Convention de Genève.

jeudi 10 février 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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