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Les malheurs de Warren

Les malheurs de Warren

vendredi 1er avril 2011

Contrairement aux pratiques européennes, le législateur américain ne passe pas son temps à ergoter sur l’âge légal de la retraite. Celle des autres, s’entend : les élus yankees, comme leurs homologues du Vieux continent, marquent une propension à briguer de nouveaux mandats jusqu’à leur dernier souffle, possédés qu’ils sont par la passion de la chose publique. Et habités par le culte dévot de l’intérêt général. C’est émouvant, un tel dévouement. L’Américain moyen, lui, peut bien prendre sa retraite à l’âge qui lui convient : au vu de la minceur de sa pension de base, mieux vaut pour lui avoir mis de côté une grosse pelote, et ne pas en avoir confié la gestion aux multiples aigrefins qui prospèrent sur le terrain de la finance. Voilà pourquoi tant de retraités US sont contraints de reprendre un job, quelquefois à plein temps, pour ne pas être réduits à la soupe populaire. Et encore doivent-ils remercier leurs autorités, qui mettent tout en œuvre pour entretenir la chaudière boursière, en l’inondant de liquidités comme un vulgaire réacteur nucléaire déglingué.

Et puis il y a des cas particuliers comme celui de ce pauvre Warren Buffet, titulaire de la troisième fortune mondiale. Il s’achemine doucement vers ses 81 ans et pilote toujours Berkshire Hathaway, cette holding de participations devenue mythique. Mais il songe à envisager la possibilité éventuelle de se retirer. Et voilà que par malchance, David Sokol, le candidat le mieux placé pour la succession, vient de donner sa démission. Pour monter son propre business, dit-il, et financer ses actions caritatives. Les mauvaises langues prétendent que c’est plutôt à cause d’une sombre affaire de délit d’initié, dans laquelle David serait mouillé jusqu’au caleçon. Les enfants de Warren n’étant pas concernés par ses affaires, il lui faut trouver un successeur à la mesure de la réputation inégalée de Buffet. On dit qu’il aurait en conséquence demandé à son ami Bill Gates de lui accorder la main de sa fille Jennifer. Afin de générer un héritier doté des gènes appropriés. En attendant cet heureux événement, Buffet restera aux commandes de l’affaire. Pour quelque temps encore : Jennifer Gates vient tout juste d’avoir quinze ans.

La recette du jour

Vanitas vanitatum

Votre génie des affaires vous a permis de devenir millionnaire dès l’âge de 30 ans. Vous êtes désormais âgé, milliardaire et toujours aux commandes de votre empire : vos enfants n’ont aucun talent ni aucun goût pour le business. Hâtez-vous de faire don de votre fortune à une fondation, et faites pénitence pour vous être cru trop longtemps irremplaçable.

vendredi 1er avril 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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