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Les ferrailleurs et les dealers

Les ferrailleurs et les dealers

mardi 15 février 2011

Quel est le commerce qui a le mieux prospéré pour la Saint-Valentin ? Celui des bijoux, bien sûr. Mais encore ? Les bijoux en cuivre. Ce métal est devenu précieux depuis que les spéculateurs s’en donnent à cœur-joie sur les marchés : le cours a gagné 50% sur l’année écoulée. Voilà pourquoi votre électricien fait livrer sa filerie par la Brink’s et vous propose des vigiles pour préserver votre installation de la convoitise des pillards. C’est que les précédents ne manquent pas : la SNCF se fait chaque jour dépouiller de kilomètres de câbles, de monceaux de bobines et de signalisations. On pourrait bientôt connaître l’attaque des trains qui fit une bonne part du folklore du Far West. Pas pour détrousser les voyageurs, mais pour dépiauter locomotives et rames : au prix exorbitant de la ferraille, un TGV vaut son pesant de cacahouètes. Les anthropologues verront dans ce processus le signe manifeste de l’effondrement d’une civilisation, qui détruit jusqu’à ses infrastructures complexes afin de pouvoir mobiliser les matières premières nécessaires à la fabrication de nouveaux produits. Faire ou défaire, c’est toujours travailler dit l’adage populaire. Sauf qu’au cas d’espèce, la destruction est d’un bien meilleur rapport.

Il en résulte que le métier ayant aujourd’hui le plus d’avenir est celui de ferrailleur. Comme les gens sont moins enclins à emplir les poubelles de petits trésors métalliques, il faut bien s’approvisionner autrement. Pas étonnant qu’une « minorité visible » de notre population, de longue date spécialisée dans la récupération, soit suspectée des sabotages prédateurs. Sans doute suffirait-il de contrôler la traçabilité de leurs livraisons pour prévenir les dommages. C’est la même chose avec le Mexique, convaincu d’avoir injustement condamné Florence Cassez à une peine de prison écrasante. Peut-être devrait-on boycotter leurs principales exportations, et refuser la cocaïne portant le code barre mexicain. C’est interdit ? Ah oui, c’est vrai : on n’a pas le droit d’appeler au boycott des produits d’un Etat. Tel est le règlement de l’OMC, qui se situe au sommet de la pyramide dans la hiérarchie des normes. Les lois du commerce l’emportent sur toute autre considération. Voilà pourquoi il ne saurait être question de remettre en cause « l’année du Mexique en France », avec les quelques milliards que pèse le business entre les deux pays. L’ennui, pour Florence Cassez, c’est que la France vend davantage au Mexique qu’elle ne lui achète…

La recette du jour

Sécurité domestique

L’explosion du prix du cuivre vous expose au pillage de votre résidence. Remplacez votre installation électrique par du fil d’argent et refaites vos canalisations en or massif. Stockez le cuivre récupéré dans votre coffre en Suisse et ouvrez votre basse-cour aux « voleurs de poules ». Vous pourrez partir l’esprit tranquille dans votre villa d’Acapulco.

mardi 15 février 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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