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Le dollar postmoderne

Le dollar postmoderne

lundi 25 juillet 2011

Heureusement que la planète entière s’est largement familiarisée aux principes dominants de la culture postmoderne, qui se caractérise par le rejet de toute pensée rationnelle. Nos temps postmodernes vénèrent le mouvement, donnant ainsi naissance à une philosophie que d’aucuns ont baptisée « bougisme » : peu importe où que tu ailles, coco, pourvu que tu te bouges les fesses. Les « Modernes » étaient des ringards indécrottables, soucieux de maintenir un ordre général qui contraigne le stress quotidien dans les limites les plus étroites ; les « Postmodernes » sont friands d’entropie institutionnelle et s’emploient, avec un certain succès, à transformer ce que l’on appelait autrefois le bordel organisé en chienlit indéchiffrable. C’est un moyen assez efficace de parvenir à l’égalité parfaite des citoyens du monde : l’égalité dans le crétinisme agressif, la mise en stabulation libre de l’humanité entière devant l’auge inépuisable du non-savoir, le retour de l’espèce à l’état de pithécanthrope rustique, focalisé sur la satisfaction de ses besoins primitifs : la faim, la soif et la bagatelle.

La palme des championnats internationaux du postmodernisme revient de droit aux Etats-Unis, inventeurs du concept et artisans infatigables de la déstructuration en cours. En bon élève de la non-pensée dominante, le reste du monde s’apprête à lui délivrer la médaille qu’il mérite, quand viendra le terme du psychodrame en cours : la décision sur l’évolution de la dette US. Car voyez-vous, les marchés financiers craignent légitimement un défaut de l’Oncle Sam, c’est-à-dire l’aveu de son incapacité à rembourser l’énorme dette qu’il a accumulée. Mais pour lever cette incertitude, il faudrait que les élus yankees autorisent le… relèvement du plafond légal de la dette américaine. Se trouve ainsi confirmée la version postmoderne de la science économique académique, déjà largement ésotérique : pour soigner un Etat impécunieux, il faut l’autoriser à emprunter davantage. Si vous ne saisissez pas le fil de ce raisonnement sophistiqué, c’est que vous êtes resté « moderne ». Il faut vous soigner rapidement, afin d’adhérer à la folie commune. Car il n’est pas prudent de rester lucide dans une foule d’allumés.

La recette du jour

Comptabilité postmoderne

Les difficultés des temps vous empêchent de solder les factures de vos fournisseurs. Ce n’est pas grave. Convertissez vos créanciers à l’approche postmoderne de la comptabilité : exigez d’eux qu’ils poursuivent leurs livraisons. Sinon vous avouerez publiquement que vous ne les paierez jamais. Ils accepteront ainsi de s’appauvrir davantage plutôt que de reconnaître qu’ils sont déjà ruinés.

lundi 25 juillet 2011 , par Jean-Jacques Jugie

1 Message

  • // Le dollar postmoderne 25 juillet 2011 09:25, par Plumitif

    On verra bientôt que nos candidats sont postmodernes depuis longtemps. Les français ont toujours été précurseurs de bonnes idées. Hélas. C’est l’été sourions...


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