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La vérité sur Liliane B.

La vérité sur Liliane B.

jeudi 9 juin 2011

Voilà ce qu’il en coûte à la gent journalistique française de conserver le secret sur la vie privée des personnalités publiques : il en résulte de graves dommages collatéraux qui ne se fussent jamais produits si la vérité toute nue avait été révélée à temps. En témoigne l’interminable feuilleton à rebondissements de la Princesse des cosmétiques, une vieille dame pimpante soupçonnée d’être devenue un peu fragile du yaourt, et à ce titre convaincue de saboter l’héritage de sa fille unique par l’octroi d’enveloppes bedonnantes à des politiques impécunieux, un mécénat somptuaire à des artistes d’opérette et des dotations pharaoniques à des entreprises de bonneteau. Aucune des péripéties terrifiantes ne se fût produite si les faits avérés avaient été relatés lors de leur survenance, comme l’exige la transparence cristalline du moralisme de l’Oncle Sam.

L’enchaînement dramatique est on ne peut plus banal et repose sur une histoire tout aussi banale de libido volcanique. Alors que ses affaires le conduisaient à dormir dans un Sofitel proche de son domicile, feu André B., le mari de la Princesse, connut au sens biblique une soubrette qui entra sans effraction dans la salle de bains dont il n’avait pas verrouillé l’accès. Monumentale erreur. La tradition orale ne précise pas si la rencontre fut consentie et tarifée, ou imposée et gratuite. Mais elle ne fut pas sans conséquences, car ladite chambrière était la jeune sœur de Pierre-Marie B., un professionnel du dandysme irrévérencieux qui en conçut une rancœur ineffaçable. Et qui par mesure de rétorsion fit financer par la Princesse, devenue veuve, l’acquisition d’une notoriété artistique que son seul talent ne lui eût jamais autorisée. L’affaire ne s’arrête pas là : du croisement fortuit avec la femme de chambre naquit un délicieux bambin, qui hérita au moins du gène financier de son père furtif. Bien connu aujourd’hui sous le nom de Stéphane C., il mena une brillante carrière dans la production de brouets télévisés, qui furent les premiers piliers de sa prospérité. Bien décidé à déchirer le voile sur sa filiation inavouable, après avoir cultivé une discrétion monacale dans sa vie privée, Stéphane manœuvra habilement pour amener la Princesse à investir en masse dans son entreprise sulfureuse de paris et jeux en ligne. Il assouvissait ainsi une vengeance métaphorique, en démontrant que sous le masque du fard trompeur se dissimule l’âme noire d’une tenancière de tripot. On ne trouve une telle cruauté que dans la tragédie grecque. A la réflexion, voilà qui ferait un bon sujet de série télévisée…

La recette du jour

Financer le développement

Vous cherchez à développer votre entreprise naissante mais les investisseurs ne se pressent pas au portillon : ils vous connaissent et savent que vous ne ménagez pas vos associés. Adressez votre demande de fonds à Mme Liliane B., Neuilly, France. Dites-lui que vous avez bien connu son défunt mari. Elle ne lira pas votre lettre mais son avocat vous enverra 143 millions par retour du courrier.

jeudi 9 juin 2011 , par Jean-Jacques Jugie

5 Messages de forum

  • // La vérité sur Liliane B. 9 juin 2011 19:11, par Jean-Jacques Jugie

    alors bon appétit, plumitif, et merci de nous communiquer la recette de vos Euménides !

  • // La vérité sur Liliane B. 9 juin 2011 14:22, par Plumitif

    Vous avez bien raison de parler de la tragédie grecque. Ils avaient déjà tout inventé disait jadis mon professeur, avec beaucoup de sagesse. Relisons ces merveilleuses pièces ! Puisqu’à toute époque Iphigénie est torride, et qu’O reste, aucune Katharsis n’est possible pour les Atrides, laissons ce monde homohominemlupus se battre sous les projecteurs médiatiques. Je m’en vais me faire des Oeufs-Ménides dans ma Thébaïde...

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