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La retraite en Espagne

La retraite en Espagne

lundi 9 mai 2011

Ah, enfin une bonne nouvelle venant d’Espagne. On la doit à la Revue espagnole de gériatrie et de gérontologie, concernant les conducteurs de plus de 60 ans. Lesquels sont moins habiles que les plus jeunes, ce dont on se doutait un peu. Mais il ne semble pas nécessaire de leur interdire le volant ou de leur imposer les transports en commun. Car ils compensent la régression de leurs réflexes par un comportement sécuritaire : ils ne font pas vroom-vroom avec leurs limousines, ne doublent pas comme des sauvages en haut des côtes et respectent la signalisation routière (ceux qui voient encore les panneaux, bien entendu). Mieux encore : ils ne picolent pas avant de prendre la route. Enfin, moins que les jeunes. Et en tout cas, ils ne biberonnent pas en conduisant, ayant bien besoin de leurs deux mains pour tenir le volant. En foi de quoi « conduire à ces âges-là ne paraît pas supposer pour l’automobiliste un risque significatif de mort, en comparaison avec d’autres causes » conclut la communication. La science ibérique vient d’accomplir un grand pas : on sait désormais qu’en Espagne, le grand âge est plus dangereux que les routes nationales.

Mais des nouvelles moins réjouissantes nous proviennent de la Péninsule. Concernant les joueurs de tennis, en particulier. Alors qu’il approche de l’anniversaire de ses 25 ans, le Tarzan de la terre battue, Rafael Nadal, s’est fait dézinguer à Madrid par le Serbe Novak Djokovic, son cadet d’un an. Un âge canonique est fatal aux praticiens de la brique pilée, qui n’osent plus entreprendre des accélérations téméraires ou des débordements hasardeux. Pathétique : la vieillesse est vraiment un naufrage, contrairement aux allégations des gériatres espagnols. Et c’est bien pire encore pour les taureaux autochtones : alors qu’ils disposent encore de toute leur énergie et de réflexes acérés, ils dépassent rarement l’âge de 3 ou 4 ans. Sauf si leurs qualités au combat sont à ce point exceptionnelles que le torero, médusé, leur accorde la grâce. Ils peuvent alors devenir chauffeur de maître pour tennismen à la retraite et attendre patiemment de se faire emboutir par un jeune chauffard saoul comme un Serbe. Une carrière finalement moins risquée que celle de Ministre des Finances en Espagne : les marchés sont impatients de faire de ses oreilles un trophée. Et de la bourse madrilène un pâté.

La recette du jour

Bonheur à l’espagnole

Vous avez choisi de vivre en Espagne pour chanter les Madrilènes, qui vont aux arènes avec Luis Mariano. Si vous avez moins de 3 ans, renoncez à devenir taureau de combat : le métier est périlleux. A plus de 25 ans, abandonnez le tennis : vous risquez l’humiliation. Mais à la soixantaine, sillonnez le pays en lisant la Revue espagnole de gériatrie au volant : vous vivrez éternellement.

lundi 9 mai 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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