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La faim de l’Histoire

La faim de l'Histoire

lundi 14 février 2011

Les temps présents vont apporter de l’eau au moulin des débats sur la « fin de l’Histoire ». Et conforter la thèse de ceux qui voient dans la démocratie libérale l’optimum rationnel que toutes les organisations sociales sont appelées à atteindre. La liberté individuelle plus les supermarchés, en somme, par opposition à l’idéal léniniste des soviets plus l’électricité. Le quotidien en Méditerranée apporte le spectacle de régimes forts et bien assis, qui s’écrasent soudain comme des fruits blets. Sous la contestation spontanée et pacifique de populations mues par des aspirations virtuelles, comme dans un jeu vidéo : same player shoot again dans une nouvelle partie. Qui doit être différente de la précédente, sans que les règles en aient été définies. Si bien que le confusionnisme triomphe dans la phase intérimaire. Les Tunisiens ont gagné leur liberté et avec elle commence une grande épreuve : nombre d’entre eux fuient le pays vers les berges voisines. Les Egyptiens ont vaincu le tyran et se réjouissent, avec la « communauté internationale », que l’armée ait pris le pouvoir, dissous le Parlement et « suspendu » la Constitution. Naguère, une telle situation s’appelait un coup d’Etat. Et tout le monde s’insurgeait…

Obtenir l’aval des grandes démocraties installées ne constitue pas nécessairement un gage de vertu. Pour n’avoir rien vu venir jusqu’à la veille des désordres, les éminences du « monde libre » n’ont pas vraiment fait preuve de perspicacité. Pour avoir tenté d’étouffer les velléités contestataires, elles n’ont pas vraiment honoré leurs convictions affichées de démocrates messianiques. Si bien que les valeurs dominantes, supposées marquer la fin de l’Histoire, sont suspectes de n’être que le décor Potemkine d’une réalité moins reluisante. Nous aurons aujourd’hui une nouvelle démonstration de ce double-langage, avec la présentation du budget américain. Le Président s’engage à remettre de l’ordre dans les finances dévastées de l’Oncle Sam. Félicitations, Barak. Et il promet de ramener le déficit américain à 300 milliards de dollars… dans dix ans. Quand les poules auront des dents et que les papillons porteront des bretelles. En attendant, le déficit soumis au vote approche 1.500 milliards. Le trou le plus vertigineux de l’histoire des USA. Qui signera peut-être la fin du… rêve américain.

La recette du jour

Compote d’avenir

Vous vivez une situation de pénurie et votre famille est exposée au désespoir. Accordez-lui la liberté : elle ne nourrit pas son homme mais permet d’oublier la faim. Le temps que chacun découvre le prix exorbitant de sa liberté, vous aurez reconquis le pouvoir. Annoncez alors le couvre-feu et la fin de l’Histoire.

lundi 14 février 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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