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La culotte de Dagobert

La culotte de Dagobert

jeudi 3 février 2011

Le Forum de Davos – maintenant achevé – est un des moments forts de la vie économique de la planète. L’un des plus courus aussi, si l’on en juge au nombre impressionnant de journalistes accrédités. Et à la foule d’invités, bien plus nombreux que les participants statutaires. Il ne s’agit donc pas d’une réunion secrète où les éminences se retrouvent nuitamment pour concocter des plans de gouvernance machiavéliques. Au contraire, il semblerait que tous soient à court d’idées en la matière et qu’ils donneraient cher pour le scénario d’un bon complot. Tout ceci pour dire que rien de ce qui se passe à Davos, ou presque, ne peut échapper à la sagacité d’une nuée d’observateurs. Eh bien, sachez que le représentant de l’agence russe Novosti a relevé un fait capital que ses confrères ont totalement zappé. L’affaire concerne le Président Sarkozy.

Le scoop n’est pas d’ordre dialectique : le contenu de son discours avait déjà été entendu, note sans indulgence le journaliste – ce qui du reste est parfaitement exact. Il est d’ordre vestimentaire. Figurez-vous que notre Président est monté à la tribune dans une tenue dépareillée, qui, selon le Russe, « contrastait avec les vêtements officiels ». Shocking, ou plutôt Отвратительный en parler moscovite. Toutefois, le Président n’était pas le seul, ce qui n’étonnera personne : on avait cru comprendre que le « look » de Davos exigeait précisément la tenue décontractée. Mais bon, là n’est pas le plus grave. Non seulement son pantalon était gris – une couleur apparemment non protocolaire en Russie – mais il était en outre non repassé. Et cela, d’autres l’auraient remarqué et « critiqué avec causticité ». Le Russe a raison : un fait de cette nature est d’une importance capitale pour les affaires internationales. Cela peut signifier que notre Président dort tout habillé ; ou qu’il ne sait pas se servir de son fer Calor à vapeur ; ou que sans sa femme, il est tout fripé. Ou que nos finances sont à ce point compromises que la repasseuse présidentielle est exclue des voyages officiels. Le résultat ? Depuis que le Russe a cafté, la note de la dette française pourrait être dégradée. Merci, Novosti !

La recette du jour

Les affaires selon Ricky Pym

John Le Carré s’est rendu célèbre par des romans mettant en scène l’espionnite anglaise contre son homologue russe. Richard Pym, l’un de ses personnages, dit à son fils : « On ne peut pas faire des affaires sans une chemise propre ». Et un pantalon repassé, doit-on ajouter. Il faut faire confiance à Ricky : c’était un faux aristo et un authentique escroc.

jeudi 3 février 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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