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L’imprimeur de Kadhafi

L'imprimeur de Kadhafi

mardi 1er mars 2011

Si vous étiez à la place de Kadhafi, ce qu’à Dieu ne plaise, où iriez-vous planter votre tente ? L’intéressé entend laisser la sienne là où elle est, au motif que « le peuple l’adore » et que les Libyens « mourraient pour le protéger ». En dépit de cet amour fou, l’avenir du Colonel dans son pays est désormais fortement compromis. Mais dans sa grande sollicitude, l’Oncle Sam a déjà déployé navires de guerre et aviation militaire dans la région, afin de couvrir de son aile protectrice l’affection populaire pour son leader. Ou pour tout autre raison, non encore dévoilée par WikiLeaks. Ce qui est désormais officiel, toutefois, c’est que les Etats-Unis sont prêts à se ranger à l’option de l’exil du vieux dictateur. En d’autres termes, à lui ménager une sortie honorable. S’agit-il de la meilleure option en rayons pour ramener le plus vite possible le calme dans le pays ? Ou de considérations plus épicières, visant à planquer sous le tapis de prières les relations d’affaires sulfureuses que bien des Etats et de grandes firmes ont entretenues de longue date avec Mouammar ? La question reste pendante.

En attendant, une bonne partie de la fortune off shore de Kadhafi a été gelée sous le blizzard de la morale internationale, tardivement sortie de sa torpeur. Et émoustillée à l’idée de pouvoir faire main basse sur une grosse pelote. Ce pourquoi, nous dit-on, le Colonel aurait tenté de remplir sa tirelire de menue monnaie, histoire de résister au gel de ses comptes. Et aurait tenté de convaincre un… imprimeur de billets de banque britannique de lui livrer un milliard de livres en coupures légales de Sa Très Gracieuse Majesté, faute de pouvoir les retirer aux distributeurs automatiques de Madison Square. Les bras nous en tombent : ou bien Kadhafi est encore plus timbré qu’on ne le savait, en tentant de doubler la Banque centrale anglaise, destinataire exclusive des billets fraîchement imprimés. Ou bien il a essayé de reproduire une manœuvre déjà réussie dans le passé, que seule la précarité de son statut actuel aurait rendue périlleuse. Ni l’une ni l’autre de ces deux hypothèses n’est vraiment rassurante. Et en tout cas, si l’information est avérée, la tentative démontre qu’il existe encore des comptes kadhafiens à l’abri de la glaciation…

La recette du jour

La livre de l’exil

Vous êtes un dictateur en fin de mandat. Votre peuple en veut à votre peau et les nations étrangères à votre argent. Que des jaloux et des vautours. Passez un coup de fil à votre pote imprimeur de billets de banque et faites-vous livrer un container de livres anglaises. Cette monnaie vaut à peine plus que le crottin de chameau, mais c’est la seule que les exilés puissent s’offrir.

mardi 1er mars 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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