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L’hormone du désordre

L'hormone du désordre

lundi 7 mars 2011

Vous vous êtes sans doute demandé pourquoi les décideurs ont la réputation de se montrer hermétiques aux avis de leurs contemporains. Et pourquoi, avec eux, les guerriers célèbres, les grands managers et les dirigeants politiques sont souvent crédités d’une libido volcanique. Vous trouverez une ébauche de réponse ici, dans la toujours captivante Revue mensuelle des Sciences de Jean Zin. Le responsable et présumé coupable y est désigné : la testostérone, cette hormone stéroïdienne qui stimule l’agressivité, la pilosité et autre chose aussi – exactement ce à quoi vous pensez. Du reste, il y a un signe assez facile à observer, que nous avons déjà baptisé dans ces colonnes le « syndrome Wolinski » : « Ce n’est pas que je ne pense qu’à ça, mais quand je pense, je pense à ça » dit l’une des caricatures du dessinateur. Si vous vous reconnaissez dans ce propos, vous êtes en surcharge de testostérone. Comme votre ancêtre du Paléolithique inférieur, celui que l’on représente dans sa fourrure simiesque, une massue sur l’épaule et le caleçon sur la tête. Est-ce grave, docteur ? Eh bien, disons que c’est sérieux. Mais pas dramatique.

Car la même Revue des Sciences nous apporte une bonne nouvelle. Il semblerait qu’à l’approche de la soixantaine, l’homo sapiens développe une plus grande empathie à l’égard de ses congénères ; il ne prend plus la mouche à la moindre contrariété ; il manifeste une attitude plus positive face aux événements douloureux ; il se montre capable de compassion. Le tout est à porter au crédit de l’expérience accumulée, bien sûr, qui conduit au chemin de la sagesse. Mais aussi à l’érosion naturelle du taux de testostérone avec le vieillissement. Puisque notre espèce commence maintenant à avoir de la bouteille et que la planète est largement assez peuplée, il est permis d’investir quelque espoir dans les lois de l’évolution. Et donc de supposer que les bénéfices de la maturité deviendront désormais génétiquement transmissibles. Par une baisse du stock stéroïdien chez les générations montantes, par exemple. Ce qui aurait un effet mécanique stabilisateur sur l’accroissement démographique, par érosion des pulsions libidineuses. Et un effet anesthésiant sur notre sauvagerie congénitale. Faire ses courses à Tripoli sans devoir sortir l’automitrailleuse du garage, ce serait sympa, non ?

La recette du jour

Régulation hormonale

Vous êtes insomniaque, irascible, obsédé par la réalisation de vos objectifs professionnels et par la silhouette féline de votre collaboratrice : vous êtes affligé de testostéronite aiguë. Faites prélever vos excédents hormonaux et revendez-les au Proche-Orient, où la demande est forte. Avec les profits, constituez une bibliothèque de philosophie zen.

lundi 7 mars 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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