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G20 : l’armistice monétaire ?

G20 : l'armistice monétaire ?

mercredi 10 novembre 2010

Voilà une date puissamment symbolique pour la tenue du G20 de Séoul : l’anniversaire de l’armistice de la Grande guerre. Il est vrai que le contexte actuel ne manque pas de points communs avec le climat mondial de l’automne 1918. Sauf que le champ de dévastations était alors principalement circonscrit à l’Europe et que les armes conventionnelles en étaient responsables. Certes, l’idéal de puissance continue de s’exprimer au travers du potentiel militaire, mais les grandes nations disposent aujourd’hui d’armes de destruction massive aussi foudroyantes que les têtes nucléaires et bien moins coûteuses à fabriquer : les monnaies. Et cette guerre monétaire, que l’on nous dit récemment engagée, a de fait officiellement débuté le 15 aout 1971, quand Nixon a violé les actes fondateurs du système financier en apostasiant la convertibilité du dollar. Il en est depuis lors résulté une série d’escarmouches plus ou moins meurtrières, généralement localisées, et l’on doit à la pusillanimité des gouvernements de ne pas avoir dénoncé plus tôt l’outrance et l’illégitimité du comportement des Etats-Unis. Aujourd’hui que l’Oncle Sam met un genou à terre, la meute trouve le courage de l’attaquer au mollet.

Il faut reconnaître que la décision de la FED de créer une montagne artificielle de dollars s’apparente au geste agressivement désespéré de l’Allemagne de la Deuxième guerre : l’envoi de V2 sur la planète entière. Les dernières cartouches d’une stratégie qui témoigne de l’isolement croissant des Etats-Unis dans le concert des nations, lequel toutefois ne joue pas la même partition. Avec un sens de la litote qu’elle réserve à ses commentaires de la situation internationale, Dame Lagarde a déclaré : « Le système monétaire ne fonctionne pas de manière satisfaisante ». C’est le moins que l’on puisse dire, Madame le Ministre. Les questions qui se posent en préambule de ce G20 sont les suivantes : la « communauté internationale » est-elle suffisamment courageuse pour exiger une complète remise à plat du système monétaire ? Les Etats-Unis se sentent-ils à ce point affaiblis qu’ils puissent accepter de renoncer volontairement à leur joker qu’est le statut exorbitant du dollar ? Car l’armistice dans la guerre monétaire suppose que les agressés soient d’accord sur ses termes, et que l’agresseur n’ait d’autre issue raisonnable que de les accepter. A ce stade, il semble que les intéressés ne disposent que de l’ébauche de l’esquisse d’un brouillon de réforme. C’est sans doute un peu court pour dessiner l’architecture d’un système de substitution.

La recette du jour

AG avant-lagardiste

Vous êtes minoritaire dans l’entreprise familiale déclinante et c’est votre cousin américain qui est aux commandes. Faites connaître votre mécontentement et exigez qu’une Assemblée générale se tienne à Séoul. Attendez alors que vos neveux chinois prennent la parole avant de voter le licenciement du Yankee. Puis enfermez-vous illico dans votre bunker et réclamez l’armistice.

mercredi 10 novembre 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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