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Finance : la grenade dégoupillée

Finance : la grenade dégoupillée

mardi 19 juillet 2011

Bon : vous avez envoyé vos enfants en colo et votre belle-mère en thalasso ; vous avez mis votre labrador en stabulation libre et votre canari en pension surveillée ; le poisson rouge, vous l’avez abandonné au chat avant qu’il ne se serve tout seul. Ne reste plus qu’à boucler les valises pour enfin partir en vacances. Tranquille. Encore que, s’agissant de tranquillité, on ne saurait trop vous recommander de jeter un œil attentif sur l’état de votre portefeuille de titres. Car au vu des frimas qui sévissent présentement en Bourse, vos économies sont exposées au risque de glaciation. Pourquoi donc maintenant ? Bonne question. A laquelle la presse dite spécialisée répond unanime : les risques sur les dettes souveraines. Les « marchés » s’affolent, voyez-vous. Doivent tourner au diesel, lesdits marchés, pour prendre conscience aujourd’hui de ce que tout le monde sait depuis plusieurs années. A savoir que la plupart des dettes souveraines ne seront jamais remboursées dans leur intégralité. Certaines feront même l’objet d’une telle réduction que les prêteurs regretteront amèrement de ne pas avoir converti leurs économies en Petrus 1945.

Faut-il craindre cet été la survenance d’un Fukushima boursier ? Cet été, on n’en sait rien. Mais que la centrale nucléaire financière soit promise à un accident grave, demain ou un peu plus tard, c’est du domaine de la certitude : le cœur du système est entré en fusion. Et pour avoir voulu couvrir à tout prix les banquiers-apprentis-sorciers, les dirigeants de la planète ne savent plus maintenant à quel saint se vouer. Ils vont recommander bientôt des options qu’ils refusaient hier avec la dernière énergie. Trop tard, trop peu : la machine s’est emballée. Comment les financiers ont-ils pu pratiquer une cavalerie aussi éhontée sans crainte de la prison ni de la pendaison ? Comment les gouvernants ont-ils pu s’endetter jusqu’aux trous de nez sans crainte de se noyer ? Pour des raisons ordinaires : l’espèce n’apprend pas grand-chose de ses erreurs passées et ne refuse jamais d’abuser d’un avantage indu. En conformité avec l’adage le plus consensuel de notre planète : ce qui est pris n’est plus à prendre. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus que la désolation à partager. Apparemment, c’est en bonne voie.

La recette du jour

Programme présidentiel

Vous avez choisi de faire une carrière politique. Nul n’est parfait. Et vous concourrez pour la présidentielle, afin de mieux dépasser votre seuil d’incompétence. C’est le métier. Cessez de prétendre, comme vos concurrents, que le pays doit résorber ses déficits et rembourser ses dettes. Dans quelques mois, ces propos seront devenus tellement ridicules que vous-mêmes en aurez honte.

mardi 19 juillet 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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