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"Faire et défaire...

"Faire et défaire...

lundi 28 février 2011

c’est toujours travailler  » répétait grand-père, qui s’y connaissait en la matière – un sien cousin ayant cassé des cailloux à Cayenne. Diriger un pays, c’est également un travail de forçat. Surtout pour le Chef d’Etat qui confine ses ministres à l’inauguration des chrysanthèmes et au tourisme popote chez des dirigeants infréquentables. En foi de quoi la communauté internationale, qui se fait beaucoup de soucis en ce moment, ne doutait pas un seul instant de la nécessité d’un remaniement. Tout particulièrement au sein des ministères qui sont cruellement exposés aux désordres des temps présents. C’est désormais chose faite, comme chacun le sait.

En effet, le monde entier a retenu son souffle jusqu’à l’annonce de l’Emir Hamad ben Issa Al-Khalifa, Roi de Bahreïn. Qui sous la pression de la rue a dû se séparer de trois ministres-clefs dans la vie sociale : le Logement, la Santé ainsi que l’Eau et l’Electricité. Les nouveaux promus sont priés de réduire les mensualités des crédits immobiliers, d’être polis avec les malades et de ne pas bloquer le compteur de ceux qui ne paient pas les factures correspondantes. Cela permettra au ministre de la Défense, qui reste en poste, de patienter un peu avant de mitrailler les manifestants. Et au ministre des Affaires Etrangères, dont l’excellence justifie le maintien, de continuer de dîner avec Kadhafi et de taper le carton avec Ben Ali. Le plus curieux de l’affaire, c’est que ce remaniement révolutionnaire n’a pas calmé la grogne populaire. En ce moment, les autochtones sont vraiment chatouilleux : ils réclament la démission complète du gouvernement, et notamment du Premier ministre qui pourtant peut se prévaloir d’une grande expérience, puisqu’il en poste depuis quarante ans. Sans vouloir faire preuve d’ingérence, on aimerait donner un conseil aux Bahreïniens : ce n’est pas très habile de forcer le pouvoir à de nouvelles concessions. Car il pourrait en résulter un courant d’immigration massive. De Français, par exemple, qui supportent chez eux des traites colossales sur leur maison et qui se font détrousser par les fournisseurs d’eau et d’électricité. En prime, ils craignent pour leur santé. Vu que leur Sécu est décavée…

La recette du jour

Carrière à l’Orientale

En dépit de votre brillante formation, vous êtes circonspect quant aux perspectives de carrière dans votre pays. Vous n’avez pas tort. Migrez à Bahreïn, courtisez l’une des filles de Hamad ben Issa Al-Khalifa (elles sont toutes ravissantes) et épousez-la : vous pourrez être nommé Premier Ministre. Et glander pendant quarante ans avant que le peuple réclame votre peau.

lundi 28 février 2011 , par Jean-Jacques Jugie


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