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Tintin, reviens !

Tintin, reviens !

mercredi 16 juin 2010

C’est marrant, la vuvuzela. Assommant aussi, à en croire les aficionados de foot. En voyant l’instrument du délit, on pense à la trompette que fabrique Tintin dans Les Cigares du Pharaon. Vous vous souvenez ? Cette sorte de corne de klaxon antédiluvien, qu’il sculpte au canif dans une branche de… de quoi, déjà ? L’histoire ne le dit pas : un arbre à trompette, sans doute, qui ne pousse qu’en Inde. Et que personne ne remarque, vu que les Indiens préfèrent les cordes de la rudra vinâ, ce machin de bambou flanqué de deux oreilles en courge séchée, qui produit un son plus exténuant encore que la vuvuzela. Ainsi donc, avec sa trompette, Tintin communique avec les éléphants, dont il a compris le sabir, lui, en parfait linguiste qu’il est : « Ce n’est pas si compliqué, d’ailleurs, l’éléphant : sol, la si, do signifie oui. Do, si, la, sol : non. "A boire" s’exprime par sol, sol, fa, fa… » Selon quoi, dans toutes les langues –même celle des éléphants –, il suffit pour s’en sortir de savoir dire « oui », « non » et « Ernest, sers-moi donc un autre demi pendant que tu es debout ».

Tintin nous manque cruellement. On aurait bien besoin de lui pour pouvoir communiquer avec les éléphants européens, ceux qui sont aux commandes de nos destinées ou qui aspirent à s’y hisser. Ils barrissent sans discontinuer, ensemble ou séparément, et on ne comprend rien à ce qu’ils racontent. Eux non plus, apparemment.

Chaque jour, ils nous concoctent un nouveau plan d’économies censé nous fortifier ; une nouvelle volée de ponctions censée nous ragaillardir ; une nouvelle cure d’austérité censée purifier notre âme d’emprunteurs incontinents. Et ils comptent sur la croissance pour apporter les sous qui manquent encore, après leurs calculs d’apothicaires. Pour quiconque en est resté aux bonnes vieilles mathématiques euclidiennes, c’est la confusion la plus totale. Oui, on aurait bien besoin de Tintin, au milieu de tout ce tintouin.

La recette du jour

Régime anti-footeux

Prenez une courge moyenne. Séparez-la en deux parties égales, évidez-la et donnez la pulpe à vos poules. Estourbissez un lapin de garenne de bonne taille. Eviscérez-le, préservez soigneusement les tripes et jetez le reste à vos chiens. Tendez les boyaux sur un morceau de bambou aux extrémités duquel vous fixerez les demi-courges : vous obtiendrez ainsi une rudra vinâ. Une recette très pauvre en calories, et les sonorités horribles de l’instrument feront fuir les supporters de football abouchés à leurs vuvuzelas.

mercredi 16 juin 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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