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Répression, piège à flonflons

Répression, piège à flonflons

mercredi 18 août 2010

Si vous avez cette année choisi de passer vos vacances en France, dans une caravane tractée par une grosse cylindrée, vous avez pu vous faire plein de nouveaux copains. Ils étaient nombreux sur les routes et sacrément remontés contre les autorités, ceux que l’on appelle les « gens du voyage » à cause de leur propension à se déplacer continûment. Sans pour autant y être contraints, comme vous, par la nécessité d’épuiser les congés payés dans des pérégrinations harassantes et coûteuses. Et comme l’économie de leur organisation suppose le regroupement lorsqu’ils font halte, ils ne trouvent pas toujours au bon endroit l’aire d’accueil appropriée, qui ne soit pas à leurs yeux « insalubre » ou « mal fréquentée ». Pour les pouvoirs publics, le bras de fer actuel avec les Roms pourrait bien préfigurer un scénario appelé à prospérer : l’errance de populations encore sédentaires, que la paupérisation croissante jettera à la rue – sans berline ni caravane. Une société qui baigne dans l’aisance s’accommode de ses rares pauvres ; lorsque leur nombre s’accroît dans une économie en crise, le confort et la bonne conscience des autres s’en trouvent bousculés : il n’est pas certain que la répression constitue alors une réponse appropriée.

Les agences de notation n’ont pas davantage fermé en août les portes de leur répression d’opérette. C’est dommage. Elles se seraient épargné le ridicule d’enfoncer, une nouvelle fois, des portes ouvertes. En brandissant le martinet du déclassement pour quelques grandes nations – Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne et France –, au motif que ces pays n’obtiennent pas de résultats tangibles face aux «  défis liés aux ajustements budgétaires », Moody’s tire sur les ambulances. Et démontre que le mode opératoire de ces agences rend leur activité totalement vaine : leurs cohortes d’analystes, flanqués de théories d’ordinateurs, nous annoncent l’orage alors que nous sommes déjà trempés jusqu’aux os. Ils ressemblent aux maîtres d’hôtel du Titanic, houspillant le personnel pour un désordre de service pendant que le navire sombre. Si les professeurs de vertu n’ont pas encore compris que leur morale est obsolète, et donc que leurs préceptes gnangnans sont caducs, on peut se faire du mauvais sang pour la suite des événements. Ou alors rester en vacances jusqu’à ce que le ciel soit dégagé…

La recette du jour

Discipline en chapelure

Vous êtes chef de cuisine et votre brigade pille éhontément vos réserves. Promettez le bonnet d’âne à quiconque abusera du sel ou gaspillera le beurre : vous parviendrez peut-être à maintenir l’illusion de votre autorité jusqu’à la ruine de la maison.

mercredi 18 août 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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