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Prévisions à la Pavlov

Prévisions à la Pavlov

vendredi 20 août 2010

Etait-ce bien la peine de s’interroger sur la façon dont les Boursiers allaient analyser la grosse OPA en cours dans le secteur des engrais ? Il semble bien que sur le coup, ce sont les préoccupations ordinaires qui dominent : à savoir jusqu’où l’assaillant est capable d’aller pour enlever le morceau. En d’autres termes, quel est le prix-cible qui va permettre de spéculer gentiment avant que le soufflé ne retombe. On avait donc crédité « le marché » d’une faculté d’anticipation qui dépasse le réflexe pavlovien, et manifestement on a eu tort : maintenant que les machines sont dressées à traiter les ordres à la milliseconde – car le monde change si vite que les profits des entreprises, paraît-il, évoluent avant que vous n’ayez eu le temps de dire ouf –, le long terme ne dépasse pas l’heure de la prochaine pause-café.

A tel point que les Bourses, hier, se sont offert un moment de déprime à la publication de statistiques américaines. Ne le répétez à personne : les chiffres de l’emploi sont mauvais. Entendez par là que le nombre de chômeurs a dépassé les « prévisions » des analystes, celles qu’ils établissent dans leur arrière-cuisine en additionnant des chèvres et des choux, et qui constituent ce que l’on appelle crânement le « consensus de marché ». Il faut supposer que ces brillants gestionnaires, qui gèrent des fortunes avec la conviction de détenir les clefs de la science financière, n’ont pas encore compris que le monde est en crise, et que les Etats-Unis ne sont pas immunisés contre ses effets, même si l’Oncle Sam jouit de la protection directe de Dieu comme le prétendait le past-president George W. Bush. Voilà qui accrédite la thèse de l’existence d’une planète financière où les intervenants jouent à la marchande selon leurs propres règles, dans un monde virtuel qui ignore les basses contingences auxquelles est soumis le commun des mortels. On ne voudrait pas trop déranger les haruspices que sont les prévisionnistes, dans la partie de Monopoly qu’ils arbitrent de leurs prophéties de bastringue. Mais on les encourage à mettre le nez dehors, pour qu’ils se rendent compte que les marchés n’ont pas finir d’avoir de bonnes raisons de baisser. Et de baisser beaucoup.

La recette du jour

Soufflé à l’alchimiste

Vos invités du jour étant gens ponctuels, vous décidez de cuisiner un soufflé. Si vous êtes surpris de le voir monter à l’heure prévue, laisser-le retomber et convertissez-vous à la prévision économique : vous avez le talent requis.

vendredi 20 août 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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