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La nouvelle valse hongroise

La nouvelle valse hongroise

lundi 26 juillet 2010

Si vous ne connaissez pas encore Viktor Orban, vous allez bientôt tout savoir sur lui. Le Premier ministre hongrois promet en effet de tenir les médias en haleine, à la suite de son acte guerrier perpétré à l’encontre de l’industrie financière : il vient de faire voter une taxation « exceptionnelle » des banques et compagnies d’assurance. Calculée sur leur total de bilan, ce qui est assez astucieux, reconnaissons-le. Les futurs taxés en ont eu un hoquet d’indignation et sont allés pleurer dans le giron de la Commission européenne et du FMI, dont dépendent en ce moment les fins de mois de Budapest. A laquelle ces institutions ont consenti en son temps une ligne de crédit de 20 milliards d’euros, qui ne sont pas intégralement versés : en fermant le robinet, elles ont joué la solidarité avec les malheureux banquiers prochainement écornés par l’impôt – ce à quoi ils ne sont plus habitués. Dans la grande presse internationale, les commentateurs n’hésitent pas à qualifier Viktor Orban de « populiste », c’est-à-dire de sauvageon insolent envers les grandes personnes respectables de la nouvelle gouvernance mondiale.

Cette passe d’armes va être très intéressante à suivre, car elle offre une illustration réconfortante d’une autre stratégie que celle, adoptée partout ailleurs, consistant à livrer le contribuable pieds et poings liés à la corporation des banquiers. Qui ont supplanté le pouvoir des autorités politiques et jouissent de leur toute-puissance en prélevant sur l’économie un énorme tribut. Jusqu’où la rébellion crâneuse de la Hongrie pourra-t-elle prospérer ? Le club de la finance mondiale va-t-il laisser se développer un précédent fâcheux pour l’avenir de son compte d’exploitation ? Les objectifs de Viktor Orban ne sont pourtant pas révolutionnaires : « Les banques étaient à l’origine de la crise mondiale, il est normal qu’elles contribuent au rétablissement d’une situation saine », a-t-il déclaré pour justifier le nouveau dispositif fiscal. L’observation est frappée au coin du bon sens et mériterait sans doute d’être appropriée par les gouvernements du monde entier – ce qui serait calamiteux pour le secteur financier, beaucoup plus fragile qu’on ne le dit. En prime, Orban a congédié le FMI comme un valet de pied : l’orgueilleuse institution ne le lui pardonnera jamais. Ça va chauffer.

La recette du jour

Barbecue à la Philippe IV

Philippe le Bel fut confronté à un endettement excessif du Royaume. Le FMI n’étant pas encore né, il décida d’effacer ses dettes en envoyant au bûcher les Templiers, ses principaux créanciers. Aujourd’hui, la préservation des espèces interdit la combustion des usuriers. Mais si vous êtes un dirigeant impécunieux, pour pouvez passer les banquiers sur le gril de l’impôt. Ils vont un peu couiner, mais ça peut marcher.

lundi 26 juillet 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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