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Du mazout et des plumes

Du mazout et des plumes

vendredi 11 juin 2010

Avez-vous entendu parler du Golfe du Mexique ? Et de la firme BP ? Si la réponse est non, c’est que vous êtes sur la Lune depuis un bout de temps. Là où se trouvaient probablement les opérateurs boursiers, qui ont attendu ces jours derniers pour massacrer la valeur du pétrolier. Il était pourtant notoire que l’affaire était gravissime, et que les efforts déployés pour empêcher le puits de vomir demeuraient vains. Il était pourtant évident que les dégâts déjà occasionnés seront, pour une large part, totalement irréparables, c’est-à-dire que l’addition à payer va être monstrueuse. La Compagnie avoue avoir déjà dépensé 1.5 milliard de dollars, et ce n’est que le pourboire. Les autorités fédérales américaines seront bien obligées de dépasser le stade des menaces infantiles – Obama a promis de « leur botter les fesses », ce qui a dû terroriser le staff de la firme – et appliquer strictement la doctrine du pollueur-payeur. Si tel n’est pas le cas, les tribunaux s’en chargeront. Il est donc évident, même pour les apprentis boursiers comme la défunte Veuve de Carpentras, que BP va se faire étriller.

Alors pourquoi cette émotion à retardement ? On vous le donne en mille : la rumeur a circulé que la Maison-Blanche pourrait s’opposer au versement des dividendes par la Compagnie. Ah non, tout mais pas ça ! Que les Américains mazoutent le chairman de BP, qu’ils lui imposent un pèlerinage à Santa Barbara ou qu’ils le privent de dessert, s’ils le veulent. Mais sucrer les dividendes des actionnaires, ce n’est pas humain. D’autant qu’ils représentent plus de 10 milliards de dollars ; ça rapporte un peu d’argent, le pétrole. Si la Grande-Bretagne et les USA n’étaient aussi copains, il y aurait là motif à une déclaration de guerre en bonne et due forme.

On mesure à ce diagnostic l’invraisemblable distance qui s’est creusée entre les « marchés » et la réalité. La marée noire en cause est un authentique cataclysme, dont les effets dévastateurs seront encore ressentis dans des décennies, en supposant que l’on parvienne à stopper rapidement l’hémorragie – ce qui n’est pas garanti. La direction de BP ne « voit aucune raison » à l’effondrement du cours, et la Bourse fait un caca nerveux parce que l’autorité politique pourrait « punir » les actionnaires en les privant de dividendes. Ils ne sont en rien responsables du drame, n’est-ce pas ? Ils sont sur une autre planète…

La recette du jour

Chaud-froid de volaille

Commandez une volaille de Louisiane dans une station-service à l’enseigne BP. Choisissez de préférence une espèce protégée. Dès sa livraison, passez-la à la centrifugeuse et chauffez-vous tout l’hiver avec le mazout obtenu.

vendredi 11 juin 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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