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Demain, le paradis

Demain, le paradis

vendredi 23 juillet 2010

Enfin de bonnes nouvelles venant de Bercy. Elles ne concernent pas l’avenir, on s’en doute : le contribuable s’attend plutôt à une volée de bois vert. Il s’agit au contraire du passé récent : l’année dernière, en dépit d’une conjoncture maussade, le nombre d’assujettis à l’ISF a augmenté de presque 7%, pour s’établir à 562.000. Pas mal, non ? On peut ainsi extrapoler : puisque le patrimoine des ménages progresse à ce rythme en période de vaches maigres, on peut raisonnement escompter, sur le long terme, un accroissement moyen annuel de 10% du nombre de « riches », ceux qui sont assujettis à l’ISF. Ainsi, en supposant constante l’augmentation de la population, on peut prédire que tous les ménages français seront riches dans exactement 67 ans. Les générations à naître auront donc la joie d’acquitter l’ISF un peu avant l’âge de la retraite, qui devrait être porté à cette date à 74 ans et 3 trimestres, si aucune pandémie n’est venue d’ici là décimer les rangs des seniors.

Notre gouvernement n’a donc pas à s’inquiéter d’une situation budgétaire apparemment calamiteuse. Les finances de l’Etat sont une affaire de long terme : à cette échéance, nous autres serons morts, comme disait Keynes, mais nos successeurs seront tous millionnaires. On imagine sans peine les recettes d’ISF, qui ridiculiseront les misérables 3.29 milliards encaissés cette année. Et mieux encore : puisque tout le monde sera opulent, il deviendra inutile de dépenser des fortunes en transferts sociaux de toutes sortes. Le budget sera alors structurellement excédentaire et la France prêtera de l’argent aux Etats nécessiteux comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Japon ou le Vatican. La carrière publique sera une longue promenade de santé, puisque les électeurs ne voudront surtout pas de changement : il ne sera plus nécessaire de détrousser les vieilles dames fortunées pour financer les élections. Ce sera donc le paradis pour nos descendants. Pour nous, demeure une crainte : l’impatience congénitale de nos dirigeants. Afin d’accélérer le processus d’enrichissement des ménages, ils pourraient bien décider d’abaisser sensiblement le seuil de l’ISF. Et d’écorner davantage ceux qui le paient déjà.

La recette du jour

Noël au balcon

A titre d’entraînement aux agapes de Noël, et pour réduire votre ISF, programmez un réveillon somptueux chaque 24 du mois. Ne lésinez pas sur les truffes, le homard et les grands bordeaux. Vous y consacrerez le budget antérieurement affecté aux cadeaux des enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Ils n’en n’ont pas besoin : quand ils auront votre âge, ils seront beaucoup plus riches que vous.

vendredi 23 juillet 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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