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Their tailor is rich

Their tailor is rich

mercredi 3 novembre 2010

Il était écrit dans les astres sondagiers que les Démocrates américains allaient prendre une veste aux élections du mid term. Voilà désormais le Congrès rhabillé pour les deux années restant à courir jusqu’à la fin du mandat d’Obama. Moyennant une facture astronomique de 4 milliards de dollars, le tailleur électoral a redessiné le look du paysage politique : une Chambre des représentants nettement dominée par les Républicains, aussi remontés contre la Maison-Blanche que les quelques élus du Tea Party venus épicer le confusionnisme ambiant. Le pouvoir fédéral était déjà un peu serré dans son costume de scène ; les coutures ont maintenant cédé et le Président se retrouve en caleçons courts. La seule différence avec la Belgique, c’est que le gouvernement reste en place et que le monarque américain – Wall Street – n’a pas besoin de consulter pour trouver un locataire au Bureau ovale : l’occupant s’est jusqu’à ce jour montré révérencieux à l’égard de l’aristocratie financière, en dépit de quelques bisbilles vite apaisées.

L’expérience historique démontre que le business prospère plus aisément sous un pouvoir politique faible. Telle est en tout cas la leçon que les Bourses ont retenue, si l’on en juge aux anticipations d’avant le scrutin. Encore que la belle humeur boursière témoigne surtout des attentes que les marchés ont investies dans la stratégie de la FED, qui dévoilera aujourd’hui ses batteries – bien que les incertitudes soient modestes. On sait que Ben Bernanke, réputé spécialiste du « réglage fin de l’inflation », ambitionne de recourir à une nouvelle salve de quantitative easing – par l’achat ou le rachat de bons du Trésor US, c’est-à-dire l’usage de la planche à billets. L’objectif est de faire baisser les taux longs pour doper l’activité et insuffler un chouïa l’inflation, autrefois honnie, aujourd’hui espérée comme l’averse dans le désert. L’ennui, c’est que le succès de la manœuvre n’est pas garanti. Elle pourrait ouvrir un peu plus la « trappe à liquidités » keynésienne, c’est-à-dire ne favoriser que… l’activité financière spéculative. Qui se solde ordinairement par un krach des marchés et, au cas présent, qui fragiliserait un peu plus le dollar. Dans un tel scénario, même le tailleur finit par s’appauvrir. Mais il n’est pas dit que les excités du Tea Party laisseront la bride lâche à la FED, conspuée par les Libertariens. Aujourd’hui, il va devoir faire un sacré numéro d’équilibriste, le brave Ben. Et procéder à un « réglage fin » de ses propos…

La recette du jour

Potage Ben Bernanke

Vos invités boudent devant le potage où quelques légumes rachitiques se battent en duel. Rajoutez du sel jusqu’à ce qu’ils retrouvent l’appétit. Si la soupière déborde avant qu’ils ne se soient servis, vous avez perdu : la trappe à liquidités est ouverte.

mercredi 3 novembre 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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