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Roland-Garros et le Tiers-état

Roland-Garros et le Tiers-état

vendredi 19 novembre 2010

Pendant que le monde s’agite autour de préoccupations futiles, comme le fait de savoir si l’Irlande va ou non déposer son bilan, si la livre anglaise va mordre la poussière avant le dollar ou bien l’inverse, si la « crédibilité » de l’euro est compatible avec la survie des populations qui l’utilisent, si le système dominant subit une grosse fièvre ou s’il est à l’agonie, une question de prime importance est actuellement débattue dans l’indifférence coupable : le stade Roland-Garros va-t-il rester Porte d’Auteuil ou déménager en banlieue ? On comprend le Maire de Paris qui tente, par tous les moyens, de retenir sur ses terres le French, ce tournoi de Tennis si prestigieux. Que dirait le Maire de Londres s’il était question de transférer Wimbledon dans l’East End  ? Ce serait aussi vulgaire que d’obliger la Reine à brosser elle-même ses merveilleux chapeaux.

Seulement voilà : le French est à l’étroit. Le Maire propose donc d’annexer une partie du célèbre jardin d’Auteuil voisin, en sacrifiant ses « serres chaudes » peuplées de fleurs rares à un nouveau court couvert. Ainsi protégé des pluies inconvenantes qui perturbent quelquefois le déroulement du Tournoi, ignorantes qu’elles sont du réchauffement climatique. Mais on s’en doute, arracher des fleurs précieuses pour quinze jours de spectacle bling-bling, voilà qui soulève des flots d’indignation. Sinon, reste la solution hollywoodienne d’une construction à Marne-la-Vallée, ou alors l’option roturière d’un déménagement à Gonesse. Versailles serait plus select, bien entendu. Mais un illustre devancier a déjà squatté tout le foncier disponible en y construisant un palais monumental. Pourtant chargé de la longue histoire de sa famille, le Louvre paraissait étriqué et mal fichu au Roi Soleil, qui de surcroît redoutait l’esprit frondeur des Parisiens. Il n’avait pas tort. Il ne fallut pas longtemps après sa mort pour que le ver de la révolution s’installât dans le fruit de la monarchie. En foi de quoi doit-on encourager les autorités de la Fédération de Tennis à ne pas céder trop vite à leurs tentations louis-quatorzièmes : il faut une éternité pour bâtir un mythe. Et un déjeuner de soleil pour le démolir.

La recette du jour

Elagage d’hiver

Votre lointain ancêtre a planté un chêne au pied du manoir familial. Dont les branches basses privent de lumière vos parterres de fleurs. Ne l’abattez pas ; élaguez-le chichement. Car l’ombre durable du souvenir est plus précieuse que l’éclat fugitif de lendemains pimpants.

vendredi 19 novembre 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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