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La City va-t-en-guerre

La City va-t-en-guerre

mardi 7 décembre 2010

Décidément, on ne fera jamais la paix avec les Anglais. L’ennui, pour nous, c’est qu’ils ont la plupart du temps démontré leur supériorité dans l’usage des meilleurs arguments guerriers du moment. La flotte de Nelson conduisit à Trafalgar ; l’armée terrestre de Wellington à Waterloo. Des hauts faits sacralisés par l’orgueilleux Square de Westminster et la moderne gare ferroviaire, qui rappellent au touriste français ces douloureux souvenirs. Aucun lieu, à notre connaissance, ne vient célébrer la combustion de la Pucelle, qui marqua en son temps la supériorité du dispositif juridico-religieux anglais sur son homologue français archaïque. Et aujourd’hui, quelle est l’arme la plus puissante de la planète ? Mais non, pas la bombe nucléaire, qui est devenue un tromblon démodé. L’instrument de puissance le plus performant du moment, c’est la finance. Et la City dispose de divisions bien plus nombreuses que le Palais Brongniart.

En foi de quoi les traders londoniens promettent-ils de se mobiliser bientôt. « Il ne faudra pas longtemps avant que les investisseurs se tournent vers la France, quand ils en auront terminé avec le Portugal et l’Espagne » déclare le patron du London Stock Exchange dans les colonnes de l’Independant. Tout en étant dépourvus de lettres de créance, les marchés s’autorisent l’attaque de la dette de telle ou telle nation, avec la puissance de feu d’un contre-torpilleur qui leur garantit un succès aussi éclatant que celui de Nelson ou de Wellington. Ils ont avec eux le « bon droit » des temps présents : tout pays qui affiche des déficits excessifs doit être puni pour hérésie. Car il n’est pire crime que celui de ne pas rembourser les créanciers. Le système financier en sait quelque chose, lui qui a été sauvé de la ruine grâce à la générosité… des Etats. Avec l’assidue contribution de Dame Lagarde qui pourrait, pour l’occasion, découvrir qu’en matière d’argent, la reconnaissance du ventre n’existe pas.

La recette du jour

Banquet Raminagrobis

Vos opérations insensées vous ont conduit sur la paille. Implorez la charité auprès des gouvernements, au motif que votre inanition pourrait entraîner la leur. Composez le menu et gavez-vous à leur table. Quand il n’y aura plus rien à boulotter, passez vos hôtes à la casserole : ils l’ont bien mérité.

mardi 7 décembre 2010 , par Jean-Jacques Jugie

2 Messages de forum

  • // La City va-t-en-guerre 10 décembre 2010 18:45, par Renaud

    Et on oublie sytématiquement ce qui fut sans doute la plus grande défaite maritime de la Grande Bretagne. En 1741, la défaite anglaise contre les Espagnols fut bien plus importante que la défaite espagnole de l’Invincible Armada, 153 ans plus tôt en 1588. Cette dernière fut davantage vaincue par la tempête, que par la marine anglaise.
    En 1741 à Cathagène (Colombie) l’amiral espagnol Blas de Lezo y Olavarrieta, ayant un nombre sensiblement inférieur de bateaux, organisa la défense de Carthagène où la flotte anglaise fut vaincue à la fois par la tactique de l’amiral Blas de Lezo qui affaiblit de façon déterminante les forces vives de l’ennemi anglais et en prenant au piège ce dernier dans les défenses inexpugnables du port de Carthagène.
    Ce désastre anglais, très injustement mal connu comme tout ce qui concerne l’Angleterre, permettrait de remettre les choses à leur place.
    Quant à la City, nous subissons ses méfaits financiers, donc sociaux, à l’échelle mondiale. Le premier PIG c’est bien l’Angleterre elle-même. Elle nous a mis dans sa porcherie, elle ne cesse d’injurier ses adversaires alors qu’elle est le pays de la tricherie bancaire et de l’escroquerie institutionnalisée, les USA en sont l’extension planétaire dont on mesure maintenant les méfaits.
    L’actualité parle d’elle-même.

  • // La City va-t-en-guerre 9 décembre 2010 08:28, par JFP

    les batailles que vous citez ont certes eu lieu (contre l’usurpateur corse plus que contre la France) mais il est aussi arrivé que nous ayons le dernier mot : après Crécy et Azincourt il y a eu Castillon et Formigny, et Chesapeake comme Yorktown ont été déterminants pour l’indépendance des Etats-unis d’Amérique.

    et puis les britanniques font, pour le meilleur et pour le pire, partie de nôtre famille depuis au moins près de mille ans, quand les germains ne sont que des voisins, souvent...envahissants.
    JFP


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