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L’Irlande en caleçons

L'Irlande en caleçons

lundi 22 novembre 2010

Il y en a pour qui les dimanches ne sont pas des dimanches. Voyez comme elles ont travaillé d’arrache-pied jusqu’à une heure avancée, les autorités européennes, celles de la Banque centrale et du FMI, autour d’un irish coffee à Dublin. C’est qu’il fallait trouver une solution rapidement : non que l’Irlande eût à honorer des échéances pressantes ce lundi. Mais voyez-vous, la trêve boursière du weekend s’achève en Europe à minuit, heure d’ouverture du marché de Tokyo. Il était donc nécessaire de réveiller la finance asiatique avec un bon coup de saké, car l’humeur matinale des Tokyoïtes se répand sur toute la planète par capillarité. Aujourd’hui, rien n’est plus important que le « sentiment des marchés », qui est à l’économie mondiale ce que la morphine est à l’accidenté : un puissant anesthésique.

En foi de quoi le Premier ministre irlandais a-t-il déclaré, dans la soirée, que l’Union avait accédé à la demande de son pays pour une aide financière, destinée à faire face à la précarité de sa situation. Dans le même temps, un communiqué de la Banque centrale européenne « salue la demande d’aide financière du gouvernement irlandais au Fonds monétaire international, à l’Union européenne et aux pays membres de la zone euro  ». Alors, merci qui ? Dans les affaires d’argent, on comprend sans difficulté qu’il faille remercier les prêteurs qui lâchent leurs sous à des emprunteurs déplumés. Mais la BCE, pourtant spécialiste incontestée du crédit sur le territoire européen, préfère remercier l’Irlande d’avoir sollicité des prêts. C’est curieux, non ? Voilà qui confirme ce que l’on savait déjà : les autorités de Dublin n’étaient pas très enthousiastes pour demander une « aide », qui sera principalement utilisée à secourir ses banques, déjà largement transfusées par le Trésor – ce qui vaudra au pays d’afficher cette année un déficit de 32% du PIB (au moins). Car cette aide est évidemment soumise à des conditionnalités. C’est-à-dire à la paille de fer budgétaire qui va équarrir les contribuables déjà bien étrillés. On comprend que le gouvernement irlandais ait hésité à s’exposer à la même popularité que les établissements financiers du pays. Car les autochtones ont la réputation (démontrée) d’être de vraies têtes de pioche. Et ils pourraient ne pas vraiment apprécier de se faire déshabiller pour draper de soie les banquiers…

La recette du jour

New irish stew

L’Irish stew est le ragout traditionnel de l’Irlande rurale, composé de pommes de terre, d’oignons et de mouton bien gras. La crise ayant rendu les ovins squelettiques, remplacer le mouton par le seul animal qui demeure replet : le banquier irlandais. Mais il n’est pas facile à capturer.

lundi 22 novembre 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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