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Drame à Bercy

Drame à Bercy

lundi 15 novembre 2010

Ce n’est pas que nous manquions de réjouissances populaires. Les temps présents sont bien marqués par une évolution de l’espèce que la verve pamphlétaire de Philippe Murray avait identifiée : l’homo festivus prolifère, une variété de pithécanthrope doté d’une langue-de-belle-mère et coiffé de confettis. Mais depuis qu’il est devenu incorrect de faire bouffer les prisonniers par des lions, depuis qu’il est devenu vulgaire de découper les toros vivants dans l’arène, depuis qu’il est devenu sadique de laisser les coqs se lacérer dans la sciure, la violence des spectacles doit emprunter une dimension métaphorique. Jusqu’à la guerre elle-même qui est désormais devenue « propre » : on ne voit plus de sang sur les murs. Non qu’il n’y ait plus de sang, mais les murs ont été soufflés avant, par le raffinement des « frappes chirurgicales », une technologie sophistiquée qui permet au boucher de ne pas salir son tablier. Ainsi donc les hommes peuvent-ils satisfaire leurs pulsions immémoriales pour le combat à mort, sans montrer les tripes à l’air du vaincu à un public dont l’estomac est devenu hypersensible.

En foi de quoi l’opinion française était-elle suspendue à l’issue d’une compétition depuis longtemps programmée, qui a fait couler des torrents de commentaires, fait gloser ad nauseam sur les chances respectives des candidats et disséqué leur aptitude à maîtriser la pression qu’impose une épreuve de haut niveau avant l’assaut final. La France a retenu son souffle avant de découvrir qui serait le vainqueur de Bercy. Et nombreux sont ceux qui ont été déçus : Gaël Monfils n’a pas été nommé ministre des Finances. Une fausse note à l’hymne de la « rupture » et un accroc au culte de la « diversité », qui ont porté au pouvoir la présente législature. On peut en conséquence supposer que l’Elysée aura beaucoup de peine à remanier le ressentiment qui s’exprime à son endroit. Car s’il s’agit de promouvoir la continuité dans la continuité, point n’est besoin de placarder dans les rues l’annonce du spectacle, plusieurs mois avant qu’il n’ait lieu.

La recette du jour

Coq à la Bercy

Votre maisonnée est affamée mais votre basse-cour est décimée. Programmez du coq au vin au menu et faites combattre les volatiles avant de les cuisiner. Si la mise à mort est rapide et sans surprise, vous avez gagné : vos convives perdront l’appétit. Mais craignez alors qu’ils ne vous passent à la casserole.

lundi 15 novembre 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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