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Chasseurs de têtes et fins limiers

Chasseurs de têtes et fins limiers

vendredi 17 décembre 2010

Ah, ces chasseurs de têtes ! Ce sont des personnages discrets qui se côtoient avec plaisir lorsqu’il est question de pouvoir un poste à responsabilités dans l’entreprise, que l’on soit employeur ou candidat. Sauf que le plaisir s’altère un tantinet lorsqu’il faut payer leurs honoraires : sans doute utilisent-ils des filets en or massif pour la capture, à moins qu’ils n’aient recours à une meute de haute lignée qui boulotte des truffes au petit-déjeuner. Mais enfin, ils parviennent la plupart du temps à localiser le gibier approprié. Et il n’est pas prudent de les inviter à vos sauteries professionnelles lorsque vous n’avez plus besoin de leurs services : ils sont suspects de ne jamais cesser de braconner. Comme ces femmes en quête de justes noces qui préfèrent courtiser le mari de leurs copines heureuses en ménage : c’est un meilleur gage de qualité qu’un célibataire endurci ou un multi-divorcé.

Et l’on découvre que la profession s’est enrichie d’une spécialité : le chasseur de têtes anciennement couronnées. Celles qui ne sont pas à la place où on les attendrait. Tel est le cas, figurez-vous, du Bon Roi Henri. Un monarque malchanceux : empoisonné toute sa vie par les guerres de religion, il finit par la perdre sous la lame d’un fanatique, son assassinat ayant été facilité par un embouteillage parisien – déjà une plaie à l’époque. Pour parfaire la malédiction, son tombeau fut profané à la Révolution et son corps jeté à la fosse commune. Mais miraculeusement, sa tête échappa à ce sort funeste. Pour se retrouver, quatre siècles plus tard, dans le reliquaire d’un collectionneur monarchiste. Comment Henri IV a-t-il été identifié, son dossier aux Archives nationales ne comportant pas de fiche ADN ? On vous le donne en mille : à cause du percement d’un lobe d’oreille. D’accord, c’était la mode à l’époque, selon quoi vos garçons n’ont rien inventé en se laissant mutiler. Mais un indice indiscutable a validé l’identification : à l’oreille n’était pas accroché un anneau, mais un os de poule-au-pot. Une poule béarnaise, reconnaissable à son accent à couper au couteau. Ce sont vraiment de fins limiers, ces chasseurs de têtes…

La recette du jour

Gallinea repetita non placet

Vous nourrissez une grande admiration pour Henri IV. A cause de ses talents politiques, pas de son activisme de Vert-Galant. Servez une poule-au-pot tous les dimanches : vous devriez parvenir à exaspérer votre famille. Engagez alors un chasseur de têtes pour identifier parmi vos proches les candidats au poste de Ravaillac.

vendredi 17 décembre 2010 , par Jean-Jacques Jugie


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