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Les jeunes vont-ils créer l’entreprise de demain ?

 Les jeunes vont-ils créer l'entreprise de demain ?

A quoi rêvent les jeunes ? A créer une entreprise ? Le taux de chômage des 15-24 ans (23%) invite en tout cas à regarder du coté des initiatives qui permettent aux projets individuels d’éclore. Débat au récent salon Planète PME.

Près du quart des 15-24 ans en France sont touchés par le chômage au premier trimestre 2010, d’après l’Insee. Difficile, même pour les étudiants qui sortent du système éducatif un diplôme en main, d’envisager sa vie professionnelle avec sérénité. Pourtant, « la bonne nouvelle, c’est que l’entreprenariat se porte bien en France » soutient Hamid Bouchikhi, professeur et directeur de l’entreprenariat à l’ESSEC. Et, à en suivre le débat qui s’est déroulé sur « les jeunes, la formation, l’emploi et l’esprit d’entreprise », au salon « Planète PME 2010 », organisé par la CGPME à Paris, le 15 juin, il revient surtout aux institutions de soutenir ce courant. « D’après un sondage de janvier dernier, 47% des jeunes souhaitent créer leur entreprise. En 1990, à l’Essec, mon cours sur l’entreprenariat était marginal. Aujourd’hui, il y a une énorme demande dans la plupart des établissements d’études supérieures » poursuit Hamid Bouchikhi. Pour lui, il s’agit là d’un véritable changement sociétal : les individus sont devenus soucieux de développer un projet de vie personnel, y compris sur le plan professionnel, plutôt que de se conformer à un ordre social établi. « 54% des jeunes qui veulent créer une entreprise, pour être indépendants et 28% seulement pour gagner plus d’argent » précise Hamid Bouchikhi, qui rappelle également l’engouement des jeunes pour l’entreprenariat social. « L’entreprise est devenu un pourvoyeur d’identité » en déduit l’enseignant.

Mon projet à moi ?

Ici et là, dans l’enseignement supérieur, des initiatives tentent d’accompagner les jeunes dans le développement de leurs initiatives. On ne compte plus les « junior entreprises » qui naissent dans le cadre des grandes écoles. A la Sorbonne, une association, « Sorbonne entrepreneurs », s’est donnée pour objectif de sensibiliser les étudiants à l’entreprenariat et de mettre en réseau des compétences diverses. Un championnat national des « mini entreprises » est destiné à aider des juniors qui ont envie de monter des projets. A l’université Paris X-Nanterre, il y des « juniors entreprises, et des associations où les étudiants peuvent exercer leurs qualités d’entrepreneurs » illustre Bernadette Madeuf, présidente de l’établissement. Au Celsa, grande école spécialisée dans la communication, rattachée à l’université Paris IV, « pour 1 000 étudiants, nous avons 6 000 contacts d’entreprises » se félicite Véronique Richard, directrice de l’établissement où cohabitent formations classiques, formation continue, VAE (Validation des acquis de l’expérience) et apprentissage. « Nos jeunes ont envie de s’engager dans la création d’entreprise, de déterminer leurs choix de vie » estime la directrice. Et le Celsa s’est doté d’un master spécialisé dans la création d’entreprise dans les médias, en partenariat avec un incubateur chargé de financer des projets.

Faire le lien

Mais cet « esprit d’entreprenariat », décelé par ces professionnels, ne se concrétise pas seulement pas la création d’entreprises. « Beaucoup de jeunes vont faire des expériences professionnelles dans des organisations non gouvernementales. C’est très frappant dans une business school comme l’Essec, normalement orientée vers la maximisation d’argent que l’on peut gagner » note Gilles Lecointre, animateur du débat. De fait, l’ONG Solidarités, spécialisée dans la reconstruction des pays victimes de guerre ou de catastrophes, n’a pas de mal à trouver des candidats pour des missions pourtant harassantes, voire dangereuses et mal rémunérées au regard des grilles de salaires correspondant aux qualifications requises. Les quelque 150 expatriés, agronomes, spécialistes de la reconstruction, de la logistique, chefs de mission… sont payés entre 1 500 et 2 500 euros bruts. « La formation est décisive, mais l’engagement fait la différence » tranche Alain Boinet, fondateur et directeur général de l’ONG. Et les entreprises commencent à s’apercevoir de la ressource que représente ce vivier d’énergies. « Mon job, c’est de convaincre les entreprises de la qualité des étudiants » explique ainsi un représentant de l’IUT de Saint-Denis. Depuis deux ans, l’établissement organise des forums de rencontres entre les étudiants et les entreprises. Et il participe au programme Phénix : les entreprises partenaires s’engagent à recruter des étudiants issus de filières universitaires (lettres, sciences humaines… ) qui ne répondent pas aux critères classiques de recrutement de l’entreprise. Car cet engagement et cet esprit d’initiative pourraient être moteurs dans l’économie française. « Il y a un changement chez les élèves. Le nombre de ceux qui ont envie de créer des entreprises a évolué de manière considérable les cinq dernières années. Mais en France, des tas d’entreprises très innovantes terminent à la Silicon Valley. Il y a un environnement, en premier lieu, psychologique, à mettre sur pied. Cela mettra du temps avant de déboucher sur une création d’entreprises innovantes comme aux Etats-Unis. L’Europe a un retard énorme » conclut Claude Allègre, ancien ministre de l’Education de la Recherche et de la Technologie.

L’Espagne mise sur l’imagination des jeunes

Dans la région d’Estremadure, au sud-ouest de l’Espagne, les étudiants des universités disposent d’un accompagnement privilégié pour développer leurs projets personnels, quels qu’ils soient : des locaux spécifiques, mais surtout, l’aide d’Initiativa Joven, une structure qui les motive et les met en relation avec des professionnels ( marketing, communication… ).

mardi 22 juin 2010

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