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Nouveau prêt Oséo Industrie : une réponse aux problématiques de financement des entreprises industrielles ?

Nouveau prêt Oséo Industrie : une réponse aux problématiques de financement des entreprises industrielles ?

La nouvelle banque de l’industrie, dont la création a été annoncée le 18 janvier par le président de la République, espère mobiliser 20 à 25 milliards d’euros en faveur des PMI et des entreprises employant entre 250 et 5000 salariés. Que faut-il penser de cette « super banque de l’industrie » ?

Une réponse intéressante pour financer des opérations de transmission ou de « build up »…

Au vu du contexte économique de la France, la création d’un fonds dédié à l’industrie et piloté par OSEO - et donc l’Etat - est louable. Toutefois, il ne faut pas se leurrer car il ne s’agit en définitive que d’une « excroissance » ou d’une spécialisation de l’existant : les contrats de développement participatifs existent déjà au sein d’OSEO, et ils s’adressent à tous les secteurs d’activité, y compris l’industrie.

L’ajustement de la fourchette d’intervention (à minima et à maxima) et l’allongement de la durée du crédit à 8 ans, sont toutefois des réponses intéressantes et réelles qui devraient permettre d’aider à la réalisation, soit d’opérations de transmission, soit de « build up ». La parité entre l’apport du contrat participatif industrie et des contrats bancaires va également dans le bon sens, sous réserve de trouver les établissements financiers qui seront en mesure de monter sur ces opérations. Il s’agit ici de la limite de l’opération, car sans banque, il n’y aura pas de prêt OSEO. Or, les nouvelles réglementations bancaires (Bale III) et la crise du crédit actuel (« credit crunch ») font que les ressources s’amenuisent et que les banques prêtent de moins en moins malgré ce qu’elles veulent bien laisser entendre. Tant qu’il n’y aura pas de moyens coercitifs de l’Etat vis-à-vis des banques ou la possibilité pour OSEO d’intervenir seule, le problème ne sera pas résolu et nous tournerons en rond.

… mais qui ne doit pas occulter les problématiques de compétitivité du secteur

Malheureusement, cela fait plus d’une décennie que nous avons perdu la bataille de l’industrie française. Là où les Allemands ont réussi à consolider leur position avec l’aide de syndicats proactifs, l’industrie française s’est enferrée dans ses acquis sociaux et les 35 heures. Les industries sont parties pour la plupart, et ne reviendront pas sauf sur des marchés de niche, à forte valeur ajoutée. Oui l’industrie est confrontée à un problème majeur : sa compétitivité et son coût du travail par rapport à ceux des pays émergents. Faute de rentabilité suffisante, il n’y a pas d’issue possible en l’état actuel (cf. Lejaby). Seul l’abaissement du coût du travail – qui a été annoncée lors de la dernière conférence de presse -, conjugué à une politique protectionniste ou favorisant la production française, pourrait avoir un sens. L’Etat peut mettre en œuvre tous les fonds dédiés possibles, s’il n’y a personne pour les consommer, cela ne servira à rien. Cette mesure positive n’est pas à la hauteur des enjeux économiques actuels, ne faisant que renforcer le rôle primordial d’OSEO dans le financement, mais c’est bien peu.

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vendredi 17 février 2012 , par EDITEUR

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