Accueil du site > > Artisanat du bâtiment

Artisanat du bâtiment : coup de froid sur le secteur, avec une progression de seulement +0,5 % au 1er trimestre

Artisanat du bâtiment : coup de froid sur le secteur, avec une progression de seulement +0,5 % au 1er trimestre

Le ralentissement de la croissance de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment s’est accéléré au 1er trimestre 2012.

L’activité reste positive, mais inférieure aux prévisions avec seulement +0,5 % [1] du volume d’activité. Ce coup d’arrêt à la croissance s’explique principalement par la vaque de froid qui a sévi en France au mois de février dernier. Le marché de la construction neuve (+1,5 %) résiste mieux que celui de la rénovation, ce qui permet d’éviter un recul plus important au global. Fait inquiétant, les principaux indicateurs de l’état de santé des entreprises sont dans le rouge. La CAPEB s’alarme d’une baisse significative des carnets de commandes, et la trésorerie des entreprises artisanales est au plus bas depuis 2010.

+0,5 % au 1er trimestre 2012 : la croissance piétine

Après l’embellie du 4e trimestre 2011 qui a connu une croissance inattendue et exceptionnelle de +3,5 %, l’activité des artisans du bâtiment s’est enrayée en ce début d’année, avec une progression à peine perceptible de +0.5 % en volume. En cause : des perturbations climatiques importantes au mois de février qui n’ont pas permis de réaliser les travaux rendus possibles par la hausse des permis de construire et des mises en chantier observée fin 2011. Alors que la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) n’envisageait un repli d’activité qu’au 2nd semestre, en prévision d’une baisse attendue dans le neuf, ce premier ralentissement de conjoncture a lieu plus tôt que prévu.

Patrick Liébus, Président de la CAPEB, déplore : « L’arrêt de 3 à 4 semaines des chantiers au mois de février a créé un véritable trou d’air. L’application des plans de rigueur décidés en 2011 n’améliorera pas la situation du secteur avec le recentrage du PTZ+, la disparition du dispositif Scellier et la hausse du taux réduit de TVA de 5,5 % à 7 % ».

L’activité reste encore, pour le 5e trimestre consécutif, soutenue par le segment de la construction neuve (+1,5 %). Ce marché connait néanmoins des signes d’essoufflement avec un recul de -3,5 % points par rapport au trimestre précédent. Le segment de l’entretien-amélioration, qui avait connu une croissance moindre que le neuf en 2011, stagne à 0 % malgré la bonne tenue des travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements (+ 3%).

Des écarts d’évolution contrastés entre les différents corps de métiers sont à noter ce trimestre. Les travaux de maçonnerie sont les plus impactés avec une baisse de -1 %, notamment en raison des intempéries, alors que les travaux plus orientés second œuvre (électricité, menuiserie-serrurerie, aménagement-décoration-plâtrerie) progressent dans une fourchette comprise entre +1 % et +1,5 %. Enfin, les spécialistes de la couverture-plomberie-chauffage sont face à une stabilisation de leur activité.

Une réduction des carnets de commandes

La CAPEB fait état d’une baisse des commandes ce trimestre, aussi bien en construction neuve qu’en entretien-rénovation. Alors que cette situation ne s’était plus reproduite depuis 2010, une plus forte proportion d’artisans déclare désormais une baisse des commandes (17 % en construction neuve et 18% en entretien-rénovation). Cette situation s’explique notamment par l’attentisme des particuliers en vue du prochain changement de gouvernement.

Si le renouvellement des plans de charges est difficile dans toutes les régions, certaines régions font figure d’oasis comme l’Ouest (+7 % en solde d’opinions), la région Rhône-Alpes (+5 %), le Nord (+4 %) et l’Est (+2 %). En revanche, de plus fortes difficultés se font ressentir dans le Sud-Ouest (-7 %), le Sud-Est (-1 %) et l’Île-de-France (-2 %) qui affichent des baisses significatives des commandes.

La trésorerie des entreprises artisanales au plus bas depuis 2010

L’accès au crédit indispensable à la vitalité des entreprises artisanales, la détérioration des délais de paiements des particuliers et la dégradation des marges sont autant de facteurs qui affectent la trésorerie des entreprises. 22 % des entreprises déclarent connaître une dégradation de leur trésorerie contre seulement 10 % qui font état d’une amélioration. Alors qu’au 4e trimestre le solde d’opinion redevenait positif, il s’effondre ce trimestre pour revenir à une situation semblable à 2010 au plus fort de la crise.

Patrick Liébus, Président de la CAPEB, explique : « Si les réseaux bancaires ont besoin de reconstituer leurs fonds propres avec l’application de Bâle III, il est inadmissible qu’ils tarissent l’accès aux crédits aux petites et moyennes entreprises. Pour stopper l’asphyxie, nous réclamons d’urgence une rencontre avec l’ensemble des acteurs concernés par cette problématique pour trouver des solutions viables pour maintenir l’activité et l’emploi de notre pays ».

lundi 16 avril 2012 , par EDITEUR

Notes

[1] Chiffres I+C / CAPEB

Suite des dépêches