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Artisanat du bâtiment : activité en baisse (-0,5%) au 2e trimestre

Artisanat du bâtiment : activité en baisse (-0,5%) au 2e trimestre

Patrick Liébus (Président de la CAPEB) : « Le recul de l’activité s’est confirmé plus rapidement que prévu. Nous comptons sur le Gouvernement pour prendre des mesures de soutien. ».

Après cinq trimestres consécutifs de hausse, l’activité des artisans du bâtiment marque un recul de -0,5 % au 2e trimestre 2012. Cette baisse d’activité aussi rapide est une mauvaise surprise ; largement imputable à la suppression de mesures fiscales incitatives. A noter enfin que le marché de la rénovation résiste mieux que celui de la construction neuve.

Les perspectives pour la seconde partie de l’année sont alarmantes : les carnets de commandes sont difficilement renouvelés et la trésorerie des entreprises artisanales est fortement dégradée. Pour soutenir l’activité, la CAPEB persiste à miser sur les travaux de rénovation énergétique, seule solution durable pour doper le secteur.

-0,5% au 2e trimestre 2012 : le début d’une dégradation persistante

Le 2e trimestre 2012 marque un recul d’activité de -0,5 %. Un repli qui s’explique entre autres par :

- Les conditions climatiques difficiles du mois d’avril et les quatre ponts successifs du mois de mai,

- Un climat économique sous tension, marqué par le durcissement de l’accès aux crédits aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. L’investissement des entreprises devrait ainsi reculer en raison des faibles perspectives de croissance du secteur (-1%).

Avec une activité qui stagne (0%), l’entretien-rénovation résiste mieux que le neuf, particulièrement affecté avec une baisse de -1% par rapport au deuxième trimestre 2011.

Patrick Liébus, Président de la CAPEB, s’alarme : « La situation du secteur s’est considérablement dégradée ce trimestre. Nous espérons que le Gouvernement prendra très prochainement des mesures pour stimuler l’investissement dans le secteur du bâtiment et relancer l’activité. ».

L’activité par corps de métiers reste très hétérogène et oscille entre 0 et –1,5 %. Les travaux de maçonnerie (-1,5%) sont pour le deuxième trimestre consécutif les plus impactés alors que le second œuvre technique se situe entre 0 et -0,5 %.

L’activité enregistre un net recul sur tout le territoire, excepté en Rhône-Alpes et dans le Sud-Est. La région Centre est la plus impactée.

Avis de tempête pour le prochain semestre

La CAPEB s’inquiète de la baisse significative des permis de construire (-3,2 %) et des mises en chantier (-18,7 %) sur les trois derniers mois disponibles (mars à mai 2012, par rapport à la même période de l’année précédente). Ces données indiquent clairement que la situation va s’aggraver.

En matière d’emploi, 4% des chefs d’entreprises artisanales du bâtiment (soit près de 9000 entreprises) prévoient de licencier ou de ne pas renouveler les contrats d’un ou plusieurs salariés.

Les perspectives pour la fin d’année sont préoccupantes : les difficultés rencontrées par les artisans pour renouveler leurs carnets de commande se confirment ce trimestre, quelles que soient la taille et l’activité des entreprises. En 6 mois, entre janvier et fin juin 2012, les carnets de commande sont passés de 107 jours à 89 jours.

Les trésoreries demeurent très dégradées pour le deuxième trimestre consécutif et amènent les artisans à la plus grande prudence pour le prochain semestre.

Patrick Liébus, Président de la CAPEB : « Nous sentons une grande inquiétude chez les artisans qui craignent le pire pour les tout prochains mois. Nous attendons beaucoup du projet de loi de finances : le secteur ne supportera pas des restrictions fiscales supplémentaires et nous espérons que le Gouvernement en est bien conscient. »

Les travaux de rénovation énergétique, véritable bulle d’oxygène pour le bâtiment

Les travaux de rénovation énergétique du logement se démarquent encore une fois par leur dynamisme : +3 % ce trimestre en progression constante depuis neuf trimestres. Ce sont eux qui permettent de maintenir l’activité de l’entretien-rénovation (0 %). Toutefois, le motif de la prise de décision est inquiétant : on constate, en effet, que 53 % des travaux d’amélioration de la performance énergétique des logements (APEL) ne se font qu’en ultime recours, c’est-à-dire pour remplacer du matériel définitivement hors d’usage (contre 42 % au même trimestre de l’année précédente).

Patrick Liébus, Président de la CAPEB, explique : « Les chantiers de rénovation énergétique sont une vraie opportunité pour le secteur. Mais, nous constatons actuellement que les particuliers effectuent des travaux de rénovation énergétique une fois qu’ils n’ont plus le choix. Nous devons veiller à ne pas casser cette dynamique en réduisant ce marché porteur à un simple marché de remplacement. Nous attendons avec impatience la conférence environnementale de rentrée qui, nous l’espérons, donnera des moyens aux particuliers afin qu’ils anticipent l’amélioration de la performance énergétique de leurs logements, sans quoi, ce marché, comme celui du neuf, s’arrêtera. La recherche de confort et d’économies d’énergies est le dernier rempart contre la crise. »

mardi 7 août 2012 , par EDITEUR

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