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Le bois, nouvelle culture du bâti

Le bois, nouvelle culture du bâti

La filière bois se développe sous l’impulsion de nos pays voisins (Autriche, Allemagne, Scandinavie) où plus de 90% des maisons individuelles sont construites dans ce matériau naturel renouvelable. Elle offre aujourd’hui une alternative crédible à la construction maçonnée. Ce chiffre dépasse les 50% au Japon. La France qui a doublé sa superficie forestière depuis 1830, voit de plus en plus de ménages opter pour une maison bois plus attractive en termes d’économies d’énergie et d’impact environnemental. Tour d’horizon de ses innombrables atouts…

Une approche écologique de l’habitat s’intéresse, d’un point de vue technique, à la performance thermique de cet habitat, mais elle intègre également d’autres facteurs économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, voire culturels...

Où et dans quelles conditions commence le véritable confort ?

Nulle réponse à cette question primordiale ne peut faire l’impasse sur les cinq « pôles de contact et d’équilibre de l’habitat et de son environnement » que sont la forme architecturale, la mise en oeuvre, le lieu, les matériaux, les fluides et les énergies.

Grâce à l’arbre qui l’a accompagné dans son évolution, l’homme a toujours trouvé des ressources pour se loger, fabriquer ses outils et se chauffer. Si le lien qui l’unissait à la nature s’est étiolé avec le développement industriel, il revient aujourd’hui à ses racines terrestres et à un home sweet home d’une part plus chaleureux et plus cosy, d’autre part, moins énergivore et moins coûteux.

Vers un habitat sain et éco-nomique…

Les plus anciennes constructions du monde sont en bois. Lorsque l’on visite le coeur des villes, dans nos vieilles ruelles, les maisons à colombage sont celles qui restituent le mieux la tradition et l’identité de la cité. La maison bois capable de s’intégrer harmonieusement dans son environnement naturel quels que soient les latitudes, les climats et les types de terrains, offre - autre avantage - de vastes possibilités architecturales, un grand choix de revêtements extérieurs et de couleur, des volumes importants et une luminosité sans égale grâce à ses larges baies vitrées... La durée réduite du chantier (entre 2 et 4 mois de moins qu’une maçonnerie traditionnelle) permet par ailleurs de réaliser de substantielles économies sur les intérêts du crédit de construction. Un intérêt non négligeable sur fond de crise financière ! Le délai est encore plus compétitif dans le cas de maisons plateformes individuelles pré-fabriquées : il n’excède pas quelques jours. Les parois, planchers, revêtements, portes et fenêtres sont dans ce cas réalisés en atelier dans des conditions de travail optimales en toutes saisons, ce qui permet de modifier sur place en amont les éventuels défauts de fabrication identifiés et de garantir la qualité de la prestation en final. Ces éléments sont ensuite transportés sur le site où ils sont installés en un temps record grâce à un engin de levage simple. Autre avantage de cette construction d’emblée sèche et saine - le bois ne dégage ni radioactivité, ni gaz, ni poussière, ni électricité statique : le second ?uvre peut commencer sans perte de temps.

Une isolation thermique performante

Par ailleurs, à la structure, composée comme autrefois de poteaux, traverses ou entretoises, on intègre désormais les isolants les plus performants comme la ouate de cellulose, la fibre de bois, le liège, la laine de chanvre ou de roche pour offrir un confort thermique et phonique exceptionnel, répondant ainsi aux exigences réglementaires (RT 2005). En zone sismique, la maison à ossature bois de par sa structure à la fois rigide sur l’ensemble du bâti solidarisé et souple vis à vis des mouvements de terrain, présente une meilleure résistance et donc une plus grande sécurité sur le long terme. Elle fait preuve d’une facilité d’adaptation aux différents styles régionaux et répond aux diverses exigences de la construction telles que la durabilité, la résistance au feu, l’isolation, le confort...Enfin, elle représente la solution la plus efficace pour lutter contre les gaz à effet de serre ! Grâce au phénomène de la photosynthèse, les arbres absorbent du gaz carbonique (CO2) et rejettent de l’oxygène. Le CO2 stocké dans la structure d’une maison à ossature bois permet ainsi à titre indicatif de neutraliser les émissions annuelles de CO2 de 5 voitures !! Un argument environnemental imparable ! Alors, à priori, représente-t-elle la conception éco-idéale du futur ?

Ses inconvénients sans langue de bois

Ce type de construction comme les autres a ses limites dont il faut tenir compte avant de se lancer dans l’ossature bois tous azimuts ! Dans les zones humides, le bois a ainsi tendance à pourrir malgré un traitement régulier et performant des matériaux utilisés. Sa durée de vie n’est pas garantie. A l’instar de l’histoire des 3 petits cochons, le bois ne résiste pas au souffle du vent à la longue et des intempéries. Il s’avère moins solide que la maçonnerie. Sa rareté au sein de régions où il n’est pas privilégié, n’est pas forcément un facteur de plus-value à la revente. La maison bois devient alors un produit immobilier marginal, exotique, approprié dans les zones isolées en montagne et en milieux forestiers, insolite en ville et dans la périphérie de certaines communes à proximité de métropoles. De plus en plus imputrescible, le bois excellent combustible, reste cependant inflammable et donc sujet à risque. Enfin, les termites, véritable fléau dans certaines régions ont démontré en dépit de produits et traitements sophistiqués pour les éradiquer, leur capacité immuno-résistante et constituent toujours un danger larvé pour l’habitat bois nécessitant une vigilance et des vérifications régulières parfois onéreuses ! Néanmoins, ses atouts s’avèrent bien plus nombreux que ses inconvénients et il favorise un recyclage naturel qui pourrait bien changer la donne de l’éco-construction. En témoigne le procédé révolutionnaire, imaginé par la société corse Kalliste Eco Forêt Ingénierie : illustration ci-dessous.

« Le BVB :une réponse écologique de poids à la crise du logement »

Il mesure 50 cm de long sur 20 de large, se fixe par vissage et ne nécessite aucun isolant supplémentaire. Il a permis à son créateur, Jacques Soux de remporter en 2003 le concours des frères Lumière et les Masters d’Entreprises Sénat, puis en 2006, le Concours Régional de l’Innovation en 2006.

- C’est à la suite du désastre écologique provoqué par la tempête de 1999 que cet ancien agent forestier de l’Office National des forêts en Corse orientale a une idée géniale :

- « A la vue de ces 13 millions de mètres cubes de bois pourris, je me suis dit qu’il fallait absolument s’inscrire dans une démarche d’économie et utiliser les débris de bois. Une façon de réparer nos erreurs humaines par la déforestation intensive dont nous subissons les conséquences aujourd’hui. J’ai donc conçu un parpaing en bois massif issu du recyclage. Baptisé Bois Vie Bloc (BVB), breveté et agréé par le CSTB, ce produit, simple, adapté aux essences feuillues comme résineuses, consomme vingt-cinq fois moins d’énergie que le béton ! ».

- Soutenu par l’incubateur régional de la collectivité territoriale de Corse (I2TC) et l’Etat, Jacques Soux fonde Kalliste Eco Forêt Ingénierie en 2003. Il fabrique une machine capable de produire 30 mètres cubes par jour de BVB et donc de construire une maison de 120 m2 en 30 jours à peine. Très vite, de nombreux promoteurs du continent s’intéressent à son procédé. Il se lance dans la construction d’une vingtaine de maisons et deux centres commerciaux en Corrèze en exportant sa machine.

Aujourd’hui, de nombreuses fabriques de BVB se développent en Corse à son initiative. L’utilité sociale, industrielle, sylvicole et environnementale n’est plus à démontrer. Ses vertus techniques et naturelles en font un matériau de grande qualité, notamment parasismiques et HQE. Son homogénéité structurelle est une solide garantie lors d’affaissements du sol. Les demandes affluent de toutes parts – pays du Maghreb, Iran, Canada, Amérique du Sud.

- Un succès qui prouve l’urgence des besoins à travers le monde et de solutions économiques à la portée du plus grand nombre. Face à cette déferlante, Jacques Soux garde la tête froide. Il se défend de faire de l’ombre aux autres acteurs de la filière bois mais souhaite au contraire s’imposer comme un fervent adepte d’une sylviculture plus raisonnée et comme un nouvel acteur complémentaire du secteur de la construction.

jeudi 15 janvier 2009 , par Dominique Ruffat

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